Boni Yayi face à la presse. Le message défila toute la journée du 31 Juillet. Et lorsque s’ouvrit le rideau, on comprit aussitôt. La montagne accouchera d’une souris. Les faits ne tardèrent pas à nous donner raison. Primo, en lieu et place de la presse, ce sont deux visages de femme, deux consœurs, toutes acquises à la cause. Annick Balley, certes, rédacteur en chef de la télévision nationale, chaine qui a fini par perdre toute crédibilité par sa propension outrageuse et outrageante à servir le gouvernement et les griots du changement. A côté de la red- chef de la TV nationale, la menue Olga K Nounagnon de Golfe TV, elle, fortement impressionnée par le personnage en face duquel elle se retrouvait sans doute pour la première fois, le chef de l’Etat. A priori, les dés étaient pipés .Deuxio, quand Boni Yayi, lancé par la première question des consœurs, démarra son plaidoyer, avec force gestes, un rien énervé, l’enthousiasme de suivre le chef de l’Etat céda place, chez les téléspectateurs, à la morosité, à l’ennui. A la fin de l’interview, du cinéma, rien de nouveau sous le soleil. Sinon, ce pardon chimérique, à la limite grincheux, visant à endormir, à nouveau, le peuple La mayonnaise eut du mal à prendre. Elle ne prit même jamais .Le peuple a fini par se faire une bonne opinion des chantres du changement, notamment de son chef. Une bande de trompeurs, de tricheurs, d’usurpateurs. « Je suis responsable, pas coupable ». Géniale formule pour se dédouaner. Seulement, ce refrain, on l’a déjà entendu sous d’autres cieux. Au demeurant, le disque est rayé. De tous les scandales révélés dans le dossier CEN –SAD, il sera difficile au chef de l’Etat de prouver son innocence. C’est lui, le premier coupable Quant au concept de « responsabilité sans faute », malicieusement évoqué par certains sous-fifres et autres opportunistes du changement, ce concept ne convainc que les sots et les dupes. En banalisant les dossiers de l’Etat par une absence répétée aux Conseils des Ministres, sacrée tribune habilitée à connaitre des affaires de l’Etat, en se complaisant dans cette horrible légèreté consistant à ne même pas s’imprégner des questions débattues aux Conseils des Ministres tenus en son absence, Boni Yayi s’est rendu, ipso facto, coupable. Tant et si bien que la négligence, en droit administratif, constitue une faute, parfois lourdement sanctionnée. Or, Boni Yayi a reconnu, lui-même, sa négligence ostentatoire des affaires de l’Etat. Peut-il y avoir meilleur aveu ? A ce stade de responsabilité, la négligence confessée du chef de l’Etat ne saurait rester impunie. Le « je demande pardon au peuple » parait, lui aussi, inapproprié pour couvrir la faute. Ce sont des larmes de crocodile. Dans notre cité, la cité béninoise, la signification de telles larmes est connue ; Et en cela, Boni Yayi n’est plus digne de la confiance à lui accordée en avril 2006. Que lui reste-t il alors à faire ? Sortir par la grande porte. En démissionnant.
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