« Plus jamais ça », s’étaient écrié les participants à la conférence nationale des forces vives de février 1990. Plus qu’un slogan, ce fut un cri d’alarme, mieux, un cri de guerre de tout un peuple à effet de bannir à jamais du Bénin toute tentative, toute manœuvre visant à restreindre les libertés individuelles et collectives. Et depuis 1990, les Béninois croyaient fermement avoir vaincu la fatalité Telle la cigale, on avait trop tôt chanté. L’avènement du changement, sous la férule de Boni Yayi, nous ramène à la réalité. Triste réalité : « autres temps, autres mœurs ».Si avec les régimes précédents – ceux de Nicéphore Soglo et de Mathieu Kérékou – les libertés, devenues sacrées,
avaient été respectées avec plus ou moins de bonheur, sous Boni Yayi, il en va autrement .Le « guide éclairé » n’entend rien à ce concept. Pour Boni Yayi, la liberté au Bénin, c’est lui. A l’instar de l’autre dictateur endurci, emporté dans l’au-delà avec ses péchés, qui se plaisait à clamer : « la démocratie au Zaïre, c’est moi ». Au Bénin du changement, les libertés individuelles et collectives n’existent que de nom. Du moins, cette notion ne recouvre son sens qu’au gré des humeurs de celui qui vient après Dieu – parole de Boni Yayi .On voyait le danger venir. Sans jamais imaginer le pire. Le pire est là. Désormais, toute manifestation hostile au changement, aux bonnes œuvres du tout puissant maitre du changement, est proscrite, sauf à être réprimée avec la dernière rigueur, avec la violence requise. On les a vus ,mardi 21 juillet dernier, à l’occasion de la marche de protestation des centrales syndicales, les policiers, les sbires de Yayi, lourdement équipés – cagoules, gourdins et autres matériels de matraque – prêts à foncer , à bondir sur les travailleurs. Cette marche, annoncée depuis des lustres, n’a pas été autorisée. Motif ? Mystère. Voilà le vrai visage de Boni Yayi , celui qui s’est emparé de la clé du palais de la Marina contre toute attente. Boni Yayi, que l’on disait candide, simple, humble et autres épithètes vantant les supposées qualités de cet adepte de Machiavel. « Sous son air anodin, il a réussi à nous berner», reconnait un chaud admirateur de Yayi, complètement désenchanté. Seulement, les Béninois ne sauraient se complaire dans une apathie devant cette volonté manifeste et affichée du chef de l’Etat à soumettre à nouveau le peuple à la dictature. Le « Plus jamais ça » n’est pas un vain slogan. Les Béninois se dresseront sur le chemin de la dictature. Ils se battront jusqu’à leur dernier souffle pour barrer la route à l’imposture, pour sauver les acquis du renouveau démocratiques. N’en déplaise à Boni Yayi.
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