Affaire CEN SAD. C’est la fange dans laquelle pataugent Boni Yayi et certains de ses ministres. Tels de naufragés essoufflés, ces mauvais serviteurs de l’Etat s’accrochent irrésistiblement pour s’extirper de la boue. Affaire CEN SAD, du nom de la Communauté des Etats Sahelo- saheliens, dont le 10ème sommet s’est tenu à Cotonou en juin 2008. Une manne céleste, où Boni Yayi et ses collaborateurs s’en sont mis plein les poches. Poussé dans ses derniers retranchements et par une opposition de mieux en mieux organisée ,et par les bailleurs de fonds désabusés, conscients de la haute corruption désormais érigée en règle sous le changement, le gouvernement a dû publier le rapport de l’IGE sur les innombrables et innommables malversations qui ont jalonné l’exécution des travaux dans le cadre de l’organisation dudit sommet... Surfacturation, passation de marché gré à gré, en violation flagrante des textes
régissant le domaine. Pour se donner bonne conscience et prouver sans doute sa bonne foi quant à la lutte contre la corruption à laquelle du reste aucun Béninois ne croit sous le changement, le chef du gouvernement a jeté son dévolu sur deux ministres. L’un, l’argentier national, béni oui oui du chef, selon certaines indiscrétions, Soulé Mana Lawani, limogé et livré à la justice, sans ménagement aucun. L’autre, le dur d’Avrankou, prêt à sacrifier amis et familles au nom du changement, le ministre de l’habitât, de l’urbanisme, de la réforme foncière et de la lutte contre l’érosion côtière, François Noudégbessi , ce dernier, suspendu provisoirement de ses fonctions. Et le chef lui même ? Rien. Blanc comme neige, aux yeux de ses fans et partisans, à la trempe de Jean Baptiste Elias, pourtant autoproclamé soldat contre la corruption. « Le poisson pourrit par la tête », s’est exclamé Adrien Houngbédji, au cours d’une conférence de presse suite à cette nébuleuse affaire. Et puis, sous le changement, quel ministre oserait-il prendre des décisions de cette importance sans s’en référer à l’omnipotent chef ? Sous le changement, même une simple signature au bas d’un document doit recevoir l’aval du chef de l’Etat. Et tout contrevenant à ces principes sous le changement est vite renvoyé à d’autres affaires. Colette Houéto et son infortuné directeur de cabinet, le brillant Pierre Mètinhoué , en savent des choses . Sans oublier tous les autres collaborateurs de Boni Yayi, impudiquement chassés du gouvernement ou relevés de leurs fonctions pour des vétilles. Boni Yayi ne saurait donc sauver sa tête de cette lugubre et ténébreuse affaire. Au demeurant, la rétention de certains faits dans le rapport de l’IGE rendu public participe de la volonté d’épargner autant que faire se peut le chef de l’Etat du scandale. Vains efforts. A moins de nous apporter publiquement la preuve de son innocence dans se sulfureux dossier, Boni Yayi y est trempé jusqu’aux os. « Scandale sous Yayi », c’est le titre d’un ouvrage écrit par un confrère, victime des abus du pouvoir du changement. Il n’avait encore rien vu.
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