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La saison des pardons… Yayi en contrition envers Fagbohoun

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Yayi en contrition envers Fagbohoun. Trois semaines exactement après la touchante réunion d’anniversaire chez les Soglo, le 29 novembre 2009. Cette fois-ci, le pardon s’est révélé, le 19 décembre, à Adja-Ouèrè. Sur les mêmes lieux où un détachement d’hommes lourdement armés à passer les menottes au patriarche sans ménagement au motif qu’il aurait pillé l’économie nationale en rachetant avec l’argent de l’Etat la Sonacop qui appartenait aussi à l’Etat. Le « coq » doit ricaner face à tout cet honneur à un ancien voleur de la République insulté par tous les adolescents politiques sur tous les médias par la propagande. Il a suffit d’un griffonnage du directeur de cabinet du chef de l’Etat pour le réduire, lui, Séfou Fagbohoun, au silence durant près de deux ans. Ses crises de santé et les suffrages des populations qui l’ont fait prisonnier-député, le premier de l’histoire du Bénin, n’ont pu arracher la clémence du docteur-président, prêt à verser son sang au nom de la lutte contre la corruption, disait-il.

 

Comme s’il a été élu pour se tromper à chaque fois. De la même façon qu’il s’était mépris sur les coups de semonce de ses adversaires au sujet de la dangerosité de son collectif budgétaire 2008 qui consacrait la réfection du Centre international de conférences et du Palais des congrès de Cotonou à 7 milliards, de la clôture d’un camp militaire à Parakou à 350 millions, de sonorisation à 700 millions, d’une paire de gant à 90.000 ou d’un imperméable à 400.000. La lutte contre le trafic de produits pétroliers ; la suspension de l’application des décisions de justice en matière domaniale ; le service militaire ; la tentative de sauvetage de la filière coton ; les débauchages des militants ; la croisade contre la vieille classe politique : le grand prince du Changement s’est trompé. Les contritions de ce genre auraient pu servir à quelque chose si elles se produisaient avant que la déviance ne soit entièrement consommée. Parce que c’est de privation de liberté à une personnalité, chef de parti, député élu, dirigeant d’entreprise, notable qu’il s’agit. Les avertissements n’ont pas manqué. Le président de l’Assemblée nationale d’alors s’en était ouvert au chef de l’Etat sur l’irrégularité de l’acte d’arrestation de Fagbohoun. La majorité parlementaire a exigé sa mise en liberté à l’issue d’une question d’actualité au gouvernement. Le premier juge, le juge d’appel, la cassation ont réclamé l’élargissement pour le même individu en vain. N’eut été la force de persuasion de l’ancien ministre de la santé, Kessilé Tchalla tombé en disgrâce peu après, Fagbohoun serait peut-être définitivement perdu pour les siens.

Quelques émergents s’étaient interrogés sur la sincérité de la demande de pardon de Houngbédji à Soglo. On pourrait leur retourner la question à propos du mea-culpa de leur patron vis-à-vis de Fagbohoun. En lecture croisée, on s’aperçoit qu’avant l’acte de contrition entre les deux acteurs du 29 novembre 2009, le processus de normalisation était enclenché de longue date. Un accord de législature entièrement exécuté (1999-2003) intercalé par un front commun contre les « tripatouillages » de la présidentielle de 2001 ; une nouvelle alliance à travers la déclaration du 12 mars 2008 ; un séminaire sur la politique commune à Abomey-Bohicon en novembre 2008, un protocole d’Union le 1er septembre 2009 avec une option pour une candidature et des listes uniques aux partis signataires à l’occasion des élections de 2011 et au-delà une unification des partis.

Yayi est allé à Adja-Ouèrè sans avoir vidé les transfuges du Madep siégeant dans son gouvernement. Fagbohoun doit affronter l’Etat béninois dans des dossiers de spoliations immobilières. Le passif de l’affaire Sonacop attend d’être vidé. Du pardon sur de la rancœur, de l’injustice et la ruse politique. Lorsque viendrait le moment de zieuter les suffrages de Dangbo, le maire Gnonlonfoun recevrait son pardon.

Un pardon électoral…

arimi choubadé

 

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