Soucieux du devenir de la sous-région et de la préservation de ses acquis, les Députés UEMOA ont profité de leur conclave à Cotonou pour s’enquérir des effets de la crise mondiale sur son dynamisme économique. Ils ont recouru pour ce faire aux services du premier responsable de la BOAD, instrument très précieux de la stratégie de développement sous régional. Le Béninois Abdoulaye BIO TCHANÉ -c’est de lui qu’il s’agit- en a certes profité pour entretenir les parlementaires sur le rôle et la place de sa structure dans le concert des instruments de l’UEMOA. Mais son intervention a essentiellement tourné autour des chances qu’ont le continent et ses divers régions de tirer leur marron du feu, dans un contexte d’accumulation des crises : crises alimentaire, pétrolière, financière, économique, etc.
Aussi, à l’instar de tous les spécialistes et analystes de la donne, le président de la BOAD estime que le phénomène a atteint des proportions comparables à la crise que la situation des années 30, avec en toile de fond une fragilisation des plus solides économies par les pertes massives d’emplois. En l’Afrique, poursuit l’invité du CIP-UEMOA, la crise se manifeste, depuis 2007, par une chute de croissance d’autant plus drastique que les performances dues à l’environnement économique mondial et à l’initiative PPTE s’en trouvent quasiment annihilées. La crise mondiale a notamment impacté sur les économies du continent par l’affectation de secteurs pourvoyeurs de revenus et de croissance tels que le tourisme, les mines, les investissements, les transferts de migrants, entre autres. À cela s’est ajoutée, toujours selon le président de la BOAD, une baisse conséquente du niveau de mobilisation de l’aide publique étrangère – à cause notamment du non-respect de leurs engagements par les pays donateurs. Conséquence : une chute de la croissance de 6 à 1,5% et un péril sur la vie de 700 000 enfants africains pour la seule année 2009. Toutefois, estime M. BIO TCHANÉ de la BOAD, la crise mondiale n’est ni une fatalité imparable ni un phénomène exclusivement négatif. L’invité des Députés UEMOA a ainsi énuméré une série de mesures endogènes pouvant contribuer, à ses yeux, à amortir les chocs. On peut citer, entre autres, l’amélioration du système de collecte des recettes, le renforcement de la gouvernance et de la gestion macroéconomique, le règlement des dettes intérieures, le perfectionnement des avantages comparatifs des États, l’accès aux crédits avec des taux compétitifs, etc. L’intégration des économies, par le biais notamment des initiatives communautaires et régionales, figurent également en bonne place des solutions proposées par le premier responsable de la BOAD. Pour lui, au demeurant, la crise ne recèle pas que des inconvénients. Elle est plutôt « une opportunité pour se brancher à l’économie mondiale, réduire les effets et se préparer pour affronter d’autres crise à venir », a ainsi dédramatisé M. BIO TCHANÉ. Pour apporter de l’eau à son moulin, il s’est référé à la crise alimentaire qui, à ses yeux, devrait permettre à certains pays UEMOA de conquérir le vaste marché de consommation asiatique l’ayant engendrée. Le président de la BOAD d’en déduire que la crise permet de « rééquilibrer le rôle de chacun dans le système économique mondial ».Il convient de mentionner, au passage, que la Banque Ouest africaine de Développement compte à son actif la réalisation de projets de développement pour 1500 milliards Francs CFA en quinze années d’existence. Une performance que son président actuel s’est engagé à améliorer en augmentant le volume du financement des projets de 100 à 200 milliards par an, en vue d’atteindre les objectifs sous-régionaux en termes d’accès à l’eau potable, à l’énergie, à la santé, aux télécommunications, entre autres besoins.
A.K
Publié le 17 août 2009 : http://www.reussirbusiness.com/spip.php?article5051
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