Ouf ! On peut enfin arrêter de nous tordre les méninges à la quête de la raison qui radicalise si tant Boni Yayi contre son ex-ministre des finances Soulé Mana Lawani. Ainsi donc, cette affaire de Cen-Sad, dans sa rubrique Cic et Pcc, Ige et la récente commission Pognon n’ont été que des créations de Boni Yayi pour atteindre un objectif : avilir Mana Lawani, porter un gros coup à sa carrière professionnelle pour le mettre totalement en difficulté, à la faveur d’une condamnation judiciaire. Qu’est-ce qui peut donc pousser un président à déterrer tant de méchancetés contre un de ses pourtant fidèles serviteurs ? Il faut poser la question à Boni Yayi. D’ailleurs, ce n’est pas la peine. Les raisons sont désormais connues.
C’est Boni Yayi lui-même qui, dans ses confidences à un de ses proches, a lâché le morceau. Mieux que quiconque, le chef de l’Etat n’a aucun doute sur Lawani au sujet de son intégrité à connaître des dossiers économiques et financiers en l’occurrence la gestion de la Cen-Sad. Si Yayi en est arrivé à l’extrémité de souhaiter voir Lawani à la potence, c’est simplement parce qu’ un esprit malin au cours d’une discussion avec le chef de l’Etat au sujet de sa popularité, lui a fait remarquer que les Béninois dans une immense majorité sont férus du style Lawani. Ils aiment le tempérament courtois, modeste et élégant qui caractérise les faits et gestes du ministre et le calme avec lequel il gère les dossiers de son département. Et la langue de vipère d’ajouter que si le ministre Lawani continuait à grimper de la sorte, ce dernier serait à même de le battre à une consultation électorale. Il n’en fallait pas plus pour faire monter la moutarde au nez de Boni Yayi. Il venait de voir en Lawani que bien de nos compatriotes qualifient de valet du prince du changement, un challenger redoutable. Donc, il fallait le briser, le bousiller avec pour crime commis qu’il est aimé de ses compatriotes alors qu’il est un ministre des finances. Et, comme cette raison ne peut être présentée au public, et qu’on tient à noyer quand même son chien, Yayi n’a pas ménagé grand effort pour l’accuser de rage. Et pour se donner bonne conscience, Boni Yayi s’est d’abord imaginé des films dans la tête. Il a vu, comme dans un rêve, Lawani déjeûner avec Bio Tchané. Lawani sur le même vol et peut-être même sur le même siège que Bio Tchané. Bref, toutes les inepties ont été réalisées dans le subconscient du chef pour justifier son désir de finir avec son ministre des finances. Voilà qui explique la sortie du ministre, il y a environ deux mois du gouvernement. Et comme le ridicule ne tue pas sous le changement, il a été mal conçu un grotesque et gargantuesque mensonge de rue pour tenter heureusement en vain, de justifier le limogeage du ministre. A l’heure du Blue-ray, du DVD, on nous a sorti un disque de gramophone qui dit que Lawani et Kessilé auraient pris sur eux-mêmes sans qu’aucune mouche n’en soit informée, de distribuer des milliards aux travailleurs. Heureusement que le professeur Gbégnonvi, ministre au moment des faits, a, d’une méthode raisonnable dépiécé le grossier montage présidentiel pour laisser Boni Yayi groggy sur le brancard toute honte bue. On en était là quand pour noyer le ‘’chien’’ dans les profondeurs de l’océan Atlantique, Boni Yayi déterra son crabe de l’Ige pour pincer Lawani. Morceau choisi, il aurait cautionné une surfacturation de plus de 5 milliards. Et comme la taille du montant fait trop de bruit, au point même de broyer son géniteur, la facture a été revue à la baisse par les bons soins de la commission Ige, mais peinte de Pognon. La somme de deux milliards est le nouveau montant conçu sur des bases virtuelles sur fond d’inventions. Voilà avec quoi, Boni Yayi après avoir sué à nettoyer à l’Omo, Ajax et à l’eau de Javel, le frère d’église et pas en Christ, Noudégbessi, a envoyé Lawani devant la justice. On espère que le présumé coupable va quitter son manteau de saint des saints, grand homme de Dieu pour arrêter de tendre pour la millième fois sa joue pour s’assurer une bonne défense. Laquelle défense passera certainement par la livraison de Boni Yayi et ses gangs. Et même là, Lawani n’aura commis aucun péché puisqu’il n’aura fait que donner foi à son droit à la défense.
Aboubakar TAKOU
Publié le Mardi 18 août 2009 par Le Béninois Libéré : http://akkilouy.over-blog.com/article-35036056.html
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