Les Amis de Abdoulaye BIO TCHANE

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Andoche AMEGNISSE sous « l’Arbre à palabres » : Le prochain Chef d’Etat en 2011 est Abdoulaye Bio Tchané

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La valse des opinions et des convictions continuent sous « l’Arbre à palabres »  de l’Evènement Précis. Alors qu’il y a peu l’Honorable Benoît DEGLA défendait à cor et à cri le régime du Dr Boni Yayi, Andoche AMEGNISSE se prévalant premier opposant déclaré de Yayi Boni, à la même place, n’y voit que de l’improvisation, de la précipitation pour finir par appeler à un changement de régime en 2011. Il a même une idée très claire sur la personne la mieux indiquée pour succéder à l’actuel Chef de l’Etat. Mais cette conviction ne le dissout pas totalement dans les G et F. au contraire ! L’homme a beaucoup de charges contre ce groupe pour qui il prédit une fin de troisième larron. Le prolixe et réputé accrochant par sa dialectique, le Dr Andoche AMEGNISSE n’a pas une fois encore pu échapper à la « crudité » et à la franchise dans ses déclarations.

Bénin : De l’espoir au désespoir !
Vous savez comme moi que le pays va mal. Ce qui est plus déplorable, c’est qu’il va de mal en pire. Nous sommes passés le 06 avril 2006 de l’euphorie à la désillusion en l’espace de 3 ans. Nous sommes passés de l’espoir au désespoir en l’espace de 3 ans. Nous avons assisté à un étalage d’incompétence à un étalage d’autocratie, à un étalage de navigation à vue. Ce que nous pourrions appeler improvisation est comparable à de véritables processions propitiatoires comme je l’enseigne aux étudiants lorsque nous parlons du Moyen-Âge. En philosophie, au  Moyen-âge, lorsque, il y avait un problème crucial comme les inondations par exemple à Cotonou, on disait que c’est Dieu qui n’est plus avec nous et le Curé de la Paroisse se met dans la rue suivie de ses fidèles chantant des incantations et des louanges au Seigneur comme si cela pouvait apporter des solutions. On laisse les problèmes de côté et on va faire autre chose. C’est ce qu’on appelait au Moyen-âge les processions propitiatoires. Nous avons assisté pendant trois ans à un gouvernement et son Chef qui chaque fois laissent les problèmes de côté. L’exemple le plus patent, c’est que la corruption était là comme un problème et on a marché contre la corruption comme si c’était les marches qui faisaient disparaître la corruption. Nous avons assisté en 3 ans à une certaine technocratie qui s’est muée en « communicature ». Un Président de la République dont on ne sait que chanter les éloges et nous sommes passés au culte de la personnalité. Nous sommes passés à une communicature disais-je donc. Pourquoi et comment ? Nous avons assisté à un président de la République friand de publicité et qui a mis le grappin sur la chose publique en matière de médias, l’ORTB et les médias d’Etat. L’opposition n’y a plus droit à la parole. Moi personnellement, j’ai fait un recours auprès de la HAAC et auprès de la Cour Constitutionnelle, mais comme ce sont des institutions sous ordre, ils ont classé le recours pour la HAAC. Quant à la Cour Constitutionnelle, elle m’a demandé d’apporter les preuves de mes allégations et quand je l’ai fait, la Cour Constitutionnelle a dit : « Je ne suis pas compétente pour dire le droit », ce qu’on appelle dénis de justice. Et les médias privés, la presse privée étaient tantôt sous le bâton et à la carotte. C’est-à-dire que quand vous chantez les louanges, vous écrivez les éloges, vous recevez quelques bonbons. Si vous dites la vérité et c’est le harcèlement fiscal. C’est ce que nous avons vécu en 3 ans et on s’étonne que le pays aille mal. Lorsque vous êtes malade et que vous ne vous faites pas soigner, ça va de mal en pire. On nous a dit que le Bénin était malade. Et que quand on est malade on a besoin d’un docteur. Et nous nous sommes rendus compte que le docteur au lieu de tirer le malade de la maladie est en train de l’envoyer sur le lit de la rigidité cadavérique, c’est-à-dire la mort. Je suis triste pour mon pays.

La communication du Chef de l’Etat

Oui, communication d’accord, mais « communicature » non! Communication d’accord pour que les Béninois sachent ce qui se fait. Mais communication autour de mensonges, non! Communication d’accord parce que cela permet de savoir ce que l’on va faire. Mais j’ai l’impression qu’ils ne savent faire que de la communication outrancière. Lorsque vous mettez 10 millions pour ouvrir une piste de desserte rurale et que le ministre se déplace avec une délégation d’une soixantaine de voitures, les caméras de quatre télévisions, une soixantaine de journaux privés et public, une trentaine de radios qui reçoivent chacun une prime de déplacement pour montrer que l’on a ouvert une piste de desserte rurale dans une commune, et bien on a dépensé 10 millions pour la piste et 20 millions ou 30 millions pour communiquer autour. Est-ce que c’est de  ça que le Bénin a besoin aujourd’hui ? Je vous pose la question.

Et l’économie qui va bien sous Yayi!
Oui, ça marche tellement bien que nous avons la cherté de la vie et que le père de famille qui donnait 1000F à sa dulcinée, à son épouse pour nourrir la famille aujourd’hui donne 3000F et la famille n’arrive pas à manger les 3 repas dont on a besoin par jour. Ça, c’est l’économie qui va très bien sous le docteur Yayi Boni. Ça va tellement bien que le FMI et la Banque Mondiale ont envoyé il y a quelques mois, une délégation au Chef de l’Etat pour lui dire  qu’en crise économique mondiale, on ne peut pas faire les dépenses comme notre Etat le fait avec un train de vie exorbitant. Ça, c’est l’économie qui va bien sous le docteur Yayi Boni. Ça va tellement bien que lorsqu’on a prévu de faire des réalisations dans le carde de la Cen-Sad et que l’on a dit que les députés avaient tort de dire qu’il y avait eu des magouilles autour, (j’ai été le premier à le dénoncer c’est une des raisons pour lesquelles j’ai été en prison) et puis on revient quelques semaines après pour dire que oui, il y a effectivement eu des malversations autour de la Cen-Sad. Ça, c’est l’économie qui va très bien sous le docteur Yayi Boni. Ça va tellement bien que le marché Dantokpa regorge de femmes qui se plaignent de ne plus vendre. Ça va tellement bien que  tout le monde se plaint de payer des impôts et que la douane harcèle tout le monde et que finalement les importateurs n’importent plus. Ça, c’est l’économie qui va bien sous le Docteur Boni Yayi.

Les taux de croissance officiels  que moi j’ai lus dans les livres du FMI et de la Banque Mondiale sont actuellement à quatre pour cent. Et c’est encore en train de vouloir descendre plus bas. Vous savez, le gouvernement nous a habitué à aligner les chiffres. Depuis 2006, on entend parler de milliards.  Le Chef de l’Etat part pour aller se promener à travers le monde dépensant des centaines de millions pour ne pas dire des milliards de l’Etat béninois. Il nous dit « j’ai rapporté des milliards" mais jamais au niveau des finances, on a vu les traces de ces milliards.  Nous sommes habitués à cela maintenant.
Par ailleurs où sont les 600.000 tonnes de coton qu’on nous a promis le lendemain de la prise de pouvoir. Les avons-nous déjà ? Il, fallait compter avec les aléas climatiques avant d’annoncer les 600.000 tonnes. C’est ça qu’on appelle la prévision. L’économie, c’est d’abord la prévision. Gouverner, c’est prévoir. L’ambition d’accord, mais l’ambition démesurée ne sert personne, ni aucun pays. Quand vous n’avez pas suffisamment d’argent pour finir une maison et que vous débutez les fondations de 12 maisons, vous n’êtes pas sérieux, vous êtes même fou. Un gouvernement doit être sérieux, un Chef d’Etat doit être sérieux. Il faut que nous passions de la ratiocination à la raison pure et rigoureuse. Il faut que nous sachions raison gardée en toute chose. Je vous pose une question. Vous êtes père de famille. Vous avez plusieurs enfants dont il y a un qui vole souvent chez les voisins. Les voisins, chaque fois qu’il a commis un forfait vous l’amène « votre enfant est un voleur ! » et vous dites « jamais mon enfant ne vole ». Une seconde fois, le voisin vous l’amène : « votre enfant est en train de voler », vous dites : « non…non…non ! Laissez mon enfant tranquille, il n’est pas un voleur ». Une troisième fois, une quatrième fois. Un beau matin, vous allez frapper à la porte des voisins « Ah ! je vois maintenant que mon enfant est un voleur ». Qu’est-ce que les voisins vont  vous dire. Ils vont vous répondre que c’est vous qui en avez fait un voleur. Le président de la République est arrivé en 2006 et a dit que les ordres paiement sont une pratique dont on abusait sous son prédécesseur et peu de temps après, nous avons constaté que les ordres de paiement sont devenus une habitude dont lui même abuse. Nous avons vu un président qui nous a dit que les projets, on les donnait à n’importe qui et que  les entreprises à qui on donnait les projets avant son arrivée n'étaient pas capables de les  conduire à terme. Et puis nous assistons à un président qui donne les projets aux mêmes entreprises. On peut appeler des noms, moi je n’ai pas peur d’appeler des noms. Trois marchés sur cinq en matière de construction de route, c’est ADEOTI. Quand vous donnez trop à une entreprise, elle est submergée et elle n’arrive plus à bien faire. L’autre chose qui me semble importante, c’est que lorsque vous devenez président et que vous commencez à privilégier vos proches que tout le monde reconnaît comme étant vos proches même lorsqu’ils sont bons, on commence à douter de vos méthodes.

Et pourtant le visage de Cotonou !
On a construit un échangeur à Houéyiho et tous les riverains sont inondés.  L’eau est même dans les chambres des gens. C’est Cotonou qui change de visage. Et bien, bravo ! Il y a eu moins de pluie cette année 2009 que nous n’en avons connu dans Cotonou au cours de la saison pluvieuse 2008. Promenez-vous dans Cotonou, même les rues qui n’étaient pas inondées le sont aujourd’hui. Non, soyons sérieux. Lorsque vous voulez faire, vous devez bien faire. Et puis, je dis une chose, les éléphants blancs qu’on est en train de nous laisser et bien, ça aussi, c’est le visage de Cotonou qui change ?
J’en connais. j’ai vu des maires de la vallée de l'Ouémé sortir d’une audience et qui disaient que c’est un éléphant blanc qu’on leur a fait là-bas. Vous êtes de la presse et je sais que vous en savez plus que moi.

Cen-Sad : Des têtes doivent tomber !
Qu’on cesse de nous divertir. Les conditions même dans lesquelles la publication du rapport a eu lieu discréditent cette publication. Il aurait été bon que le ministre Lawani soit encore là. Il aurait été bon que ce rapport ait lieu et ait été publié au moment où les députés ont tiré la sonnette d’alarme. Il aurait été bon que des affaires douteuses, n’aient pas opposé le Chef de l’Etat et son ministre des finances pour donner lieu à ce qui prend l’allure d’une « vendetta » contre un ministre qu’on a défendu hier et que l’on cloue au pilori aujourd’hui. D'ailleurs on vient de blanchir NOUDEGBESSI d'une manière bizarre dans la même affaire.
Il faut publier les autres rapports tels que les audits de 2006-2007. Pourquoi pas les rapports de la Soneb, de la Sbee et de la Sonapra ? Il faut qu’il y ait plus de têtes qui tombent. La « tête » de Fagnon doit tomber, parce qu’il ne peut pas être éclaboussé par une affaire de plusieurs milliards à la Sonapra et passer inaperçu. On ne peut pas l’avoir entendu raconter ce qu’il a raconté à Dassa et que le Chef de l’Etat continue de le protéger. Sa tête doit tomber. Au-delà de ça, il y avait un ministre des travaux publics qui est devenu aujourd’hui ministre de la sécurité. Il y a des éléphants blancs au niveau des travaux publics. On doit faire l’audit nécessaire et sa tête doit tomber. Au-delà, la tête de Roger  Dovonou doit tomber. Parce que l’agriculture a été  mal gérée. Faites un tour et vous allez voir que les tracteurs qu’on a achetés à grand frais sont en train d’être frappés par la pluie et ont commencé à se détériorer avant même que l’on ait pu les utiliser. Comment est-ce qu’on prévoit d’acheter des machines sans prévoir là où on va les maintenir. Cela veut dire que ce ministre a des lacunes, il est incompétent. Il y a trop de copains du Chef de l'Etat et trop de ses frères en Christ qui sont auteurs de malversation et il les protège.

Un gouvernement d’improvisation

Vous savez, je suis Expert consultant, docteur en sociologie, véritablement docteur. En matière de consulting, il y a ce qu’on appelle la méthode. Tout projet doit d’abord donner lieu à une étude  de faisabilité bien accomplie, bien diligentée, bien conduite. Le minimum c’est une enquête de « comodo » « incomodo » sur les avantages et les inconvénients du projet que l’on veut réaliser. La mécanisation de l’agriculture n’a pas donné lieu à une étude de factibilité qui a mis en place des expertises pour définir les conditions de succès et les aléas auxquels on pourrait se trouver confronté. Ce n’est pas seulement la mécanisation de l’agriculture. C’est un gouvernement d’improvisation.
Pour ce qui concerne la gratuité de l’enseignement, le Général a voulu le décréter. Il a d’abord consulté les techniciens qui lui ont dit que l’Etat béninois n’a pas les moyens de supporter cette gratuité et alors, il a décrété la gratuité pour les filles. Cela n’est pas donc une nouveauté. C’est notre constitution qui l’a voulu aussi mais nous n’avons pas encore les moyens pour assumer. Voilà Kérékou qui n’est pas docteur et qui a bien géré ce dossier. C’est cela la preuve que ce ne sont pas toujours les intellectuels qui ont raison. Mais au moins il faut avoir l’honnêteté, la probité lorsque vous ne connaissez pas dans un domaine d’en référer à ceux qui ont l’expertise nécessaire; et c’est ce que Kérékou faisait. La gratuité de soins pour les enfants de moins de 5 ans, est-ce une réalité aujourd’hui ?  Quelle étude profonde a été réalisée dans ce sens ?

Les 4 conseils de Amègnissè à Yayi
J’ai déclaré en 2006 que j’étais opposant et je resterai opposant jusqu’en 2011 mais si quelque de bon se faisait, je serai le premier à aller lui serrer la main et aux sorties du palais, je dirai au peuple béninois que quelque chose a changé. Il faut revoir toute la méthodologie. C’est la méthode qui est en panne. Le Chef de l’Etat doit apprendre trois ou quatre choses. La première chose est qu’un Chef d’Etat doit donner le temps de réfléchir au lieu de se promener à n'en plus finir. La 2ème, est qu’il doit apprendre à programmer ou planifier et aller d’étape en étape. C’est ce qu’on appelle la méthode. La 3ème chose est qu’il doit apprendre à accepter les critiques et ne pas frapper sur tous ceux qui critiquent, parce que sans la liberté de blâmer, il n’y a pas d’éloges flatteurs. La 4ème chose, il faut qu’il apprenne à respecter les institutions et leur indépendance. Cette volonté d’avoir la Cour Constitutionnelle à ses ordres, la Haute Cour de Justice à ses ordres et la Haac à ses ordres doit cesser. Lorsque Yayi Boni n’est pas sûr de pouvoir contrôler une institution, il ne l’installe pas. Ce n'est pas bon! S’il fait ces 4 choses, je cesserai de crier et j’irai le féliciter puisque je n’aurai plus de raison de critiquer.

La politique à l’image de l’économie !
La politique va mal comme l’économie, mais il faut que je sois honnête. Je ne sais pas me mentir ni mentir aux autres. Que la politique aille mal au Bénin, ce n’est pas la faute de Yayi Boni. La faute revient en premier chef, aux G et F. En 2006 nous avons fait des élections présidentielles qui ont été à 2 tours. Au 2ème tour, nous avons eu 2 candidats qui se sont dégagés du lot du premier tour. L’un d’eux a gagné les élections au second tour. Ça veut dire que le peuple l’a désigné pour gouverner. L’autre a perdu les élections au 2ème tour. Cela veut dire que le peuple l’a désigné pour animer l’opposition. C’est cela la logique de la démocratie. Houngbédji a démissionné en 2006 de son rôle d’opposant et depuis, il n’arrive plus franchement à jouer le rôle d’opposant parce qu’il a peur qu’on dise  qu’il le fait maintenant qu’il y a quelques avantages matériels. Quand vous ne faites pas les choses au moment où il faut, après, il devient difficile de les faire. Il nous a conduit dans la mouvance en envoyant des ministres dans le gouvernement alors que nous ne le voulions pas. Il a fallu que le petit que je suis soit le seul à dire que nous n’allons pas tous à la mangeoire, il faut qu’il y ait d’opposant. Je pense donc que de tous ceux qui sont responsables des problèmes que nous avons au plan politique, il y a au premier rang, Adrien Houngbédji.

Amègnissè un opposant informel ou légal ?
Vous savez, il y a deux manières d’être opposant. Vous êtes un parti politique légalement constitué et vous à l’Assemblée nationale. Vous faites la déclaration et vous sanctionnez ça par un acte écrit que vous envoyez au ministre de l’intérieur. Mon parti lueur des laissés pour compte avait fusionné avec le Fard-Alafia. Je n’étais donc plus chef de parti politique. Jusqu’à l’heure où je vous parle, lorsque je vais à une manifestation, on me considère comme une personnalité. Ça, c’est la première manière. La 2ème manière est à titre personnel, parce que nous sommes des citoyens. Si vous déclarez en tant que citoyen que vous ne voulez pas aller dans la mouvance présidentielle, vous n’avez pas besoin  d’envoyer une lettre à qui que ce soit.  J’ai tout fait à l’époque pour que ceux qui étaient des députés à l’Assemblée nationale se déclarent opposants, mais personne n’a voulu me suivre. Certains m’ont même traité de ridicule. Je n’ai donc pas fait l’opposition dans la bouche, sinon je n’aurais pas connu 6 mois de prison. J’ai harcelé le pouvoir de Boni Yayi au quotidien. Si vous voulez, je peux vous citer mes actes d’opposants. Yayi Boni a été installé le 6 avril 2006. En juin 2006, j’ai envoyé une lettre à la cour constitutionnelle et à la Haac pour dire que puisque je me suis déclaré opposant au Chef de l’Etat, je n’ai plus accès à l’Ortb et que c’est le cas pour plusieurs autres partis d’opinions contraires au régime. C’est une violation de notre constitution. J’ai été le seul à le faire. La cour constitutionnelle qui croyait avoir affaire à un petit, à un incohérent a dit « donnez une seule émission dans laquelle vous avez été exclu et les preuves de ce que vous êtes en train d’avancer ». J’ai rassemblé les preuves que j’ai envoyées à la Cour et des  copies aux responsables de l’Ortb. Les responsables de l’Ortb sentant le danger venir se sont dépêchés pour corriger le tir. Quelques jours après que j’ai répondu à la Cour, on m’a invité sur l’émission « Eclairage » à la radio nationale. Comme à l’accoutumée, j’ai frappé fort et le pouvoir a paniqué a verrouillé à nouveau les choses. Le 31 juillet 2006, le rédacteur en chef à l’époque, Phillipe N’Seck m’invitait sur le plateau pour critiquer en direct le message à la nation du Chef de l’Etat. Il m’a dit « j’ai invité 4 conseillers du Chef de l’Etat et comme vous vous plaigniez et que vous avez envoyé un recours à la cour constitutionnelle, je vous invite comme opposant. » Je lui ai dit qu’il peut inviter 1000 conseillers du Chef de l’Etat, que moi je viendrai. Je me suis donc préparé en conséquence. Mais quand malheureusement au Palais, on a appris qu’Andoche Amègnissè sera sur le plateau, pression sur pression et à la dernière minute, au moment où nous nous apprêtons à monter sur le plateau, l’émission a été interdite. Explication, on nous a dit impératif de programme, alors qu’ils étaient en train de danser N’Dombolo à la télévision.

Candidat pour parler et non pour être élu

En 2007, j’ai été candidat pour pouvoir parler et non pour être élu député. Je n’avais pas les moyens pour faire campagne Je savais qu’étant candidat, au moins à la nuit électorale, je serais invité. C’était pour moi un moyen de briser l’étau qui était instauré autour de ma personne. Effectivement, j’ai été désigné par ma liste pour aller la représenter sur Lc2, Ortb, Canal3 et Golfe. J’ai envoyé quelqu’un d’autre sur Canal3 et je suis allé moi-même sur Lc2, Golfe et Ortb. J’étais arrivé à LC2, en même temps que Alexandre Hountondji qui a refusé d’aller sur le plateau en même temps que moi. Je me  suis donc retrouvé avec Prd et avec la société civile, un politologue. J’étais triste parce que voudrais avoir affaire avec la Fcbe. Quand après mes critique sur LC2 je suis allé à l'ORTB, j’ai carrément été interdit d’antenne alors qu’une invitation m’avait été adressée.
Cela veut dire que je ne dors pas en tant qu’opposant et c’est pour ça que je fais peur au Président Yayi Boni. Quand on vous empêche de parler, vous devez vous-mêmes chercher les voies et moyens de parler parce que la liberté ne se donne pas, elle s’arrache et elle se prend. Puisque je n’avais plus accès aux médias, j’ai créé moi-même, mon propre organe « Tout sauf Yayi Boni en 2011 ». Lorsque j’ai voulu le créer, je suis passé chez tous les leaders politiques des G et F pour leur dire qu’il nous fallait nos propres organes. Ils ont dit « Oui, mais… ». J’ai réunis mes militants, mes sympathisants, mes admirateurs  et ce sont eux qui   m’ont donné les moyens. Nous avons produit « TSYB-2011 du 1er au 3ème numéro. Avant que le 4ème numéro ne sorte, vous savez ce qui s’est passé. En trois numéros, nous avons ébranlé le Chef de l’Etat et son gouvernement au point qu’il a été obligé de m’envoyer en prison espérant que j’allais citer les noms de mes collaborateurs. Vous savez qu’il n’a pas osé m’attaquer sur le fond et qu’il s’est caché derrière une prétendue autorisation que je n’avais pas alors que la loi ne parle pas d’autorisation, mais plutôt de déclaration. Le défaut de déclaration n’est pas puni par une peine d’emprisonnement mais d’amende. J’ai été en prison pour que notre démocratie soit sauvée et je suis prêt à y retourner demain matin si notre démocratie était encore menacée.

Ni G, ni F !
Je ne suis pas membre des G et F. Je ne suis ni membre du G4, ni du G13, ni de Force Clé. Mon nouveau parti ira en congrès constitutif en novembre prochain. Et nous allons remplir toutes les conditions parce que nous entendons aller  seuls aux élections législatives de 2011. Et nous entendons animer la vie politique et participer aux élections présidentielles de 2011. J’ai mon candidat pour les présidentielles que vous connaissez très bien. C’est le Président Abdoulaye Bio Tchané et il gagnera!
Je dis qu’une opposition non déclarée, c’est de l’inertie, l’incongruité. Je ne comprends pas et ne partage pas l’avis de Houngbédji qui dit que parce qu’il s’est battu à l’Assemblée nationale pour qu’on vote le statut de l’opposition, qu’il attendait la promulgation de cette loi avant et son décret d’application pour savoir s’il va se déclarer opposant. Et puisque ce décret ne donne que des vétilles  et ne s’attaque pas à l’essentiel, il ne veut pas se déclarer de l’opposition. Je dis que c’est triste d’entendre nos leaders parler comme ça.. De 1972 à 1990, avant la conférence nationale et sous le GMR et le PRPB, quelle est la loi sur le statut de l’opposition qui a été votée et quel décret d’application a été pris ? Pourtant, nous avons fait de l’opposition. J’ai été arrêté deux fois et j’ai fait le PCO pour distribution de tracts, parce que nous supportions nos grand frères, nos aînés puisque j’étais collégien à l’époque. Nous étions protégés par quel statut et quel décret d’application ? Or c’était pendant la période révolutionnaire où il vous suffisait d’être identifié comme opposant pour que vous disparaissiez. Houngbédji ne peut pas nous dire ça. C’est qu’il est contradictoire lui qui était opposant sous le PRPB. Quel décret d’application a-t-il attendu à l’époque pour être opposant. Il a été arrêté aussi parce qu’il a pris sur lui de défendre quelqu’un qui s’appelait Bertin Borna. Il a été arrêté à l’aéroport. Pour ça, il a été accueilli en héros en 1990. Pourquoi ne peut-il prendre aujourd’hui ce risque ? Je voudrais aller plus loin. De 1991 à 1996, lorsque Houngbédji s’est retrouvé en opposition par rapport au Président Soglo qui était Chef de l’Etat, quelle était la loi sur le statut de l’opposition, quel était le décret d’application ? Sous Kérékou II, lorsqu’il s’est mis avec Soglo pour être de l’opposition, il attendu quelle loi sur le statut de l’opposition. L’opposition est un choix qu’il faut faire au bon moment. Si Houngbédji en 1996 était resté dans l’opposition, c’était lui qui aurait remplacé le Général Kérékou en 2001. Mais quand il y avait renoncé et était parti au gouvernement, s’il avait eu la patience malgré les problèmes et les difficultés d’y rester pendant les 10 ans de Kérékou, c’est lui qui aurait été président en 2006. J'espère qu'à présent il sera plus conséquent.

Fortement courtisé par Yayi
Yayi Boni m’a envoyé deux ministres. Je ne veux pas citer leurs noms. Je suis sous l’arbre à palabre et c’est pourquoi j’ai été si loin, sinon, je ne l’aurais pas dit. Mais permettez que je protège la tête des gens qui ont pris le risque de venir vers moi. Ils sont venus, l’un m’a rendu visite à l’hôpital au Cnhu, l’autre m’a reçu dans sa maison après que je sois sorti de prison. Tous les deux m’ont demandé de faire une déclaration de soutien au Chef de l’Etat, disant que j’ai commis une erreur de le critiquer. En compensation, je recevrais de l’argent et pas n’importe quelle somme;  plus une nomination. Mais j’ai dit que je suis arrivé à un niveau où je ne peux plus me permettre des gamineries..
Dire que mon ton après ma sortie de prison était devenu plus doux, c’est vous qui trouvez que ça l’est et je vous le rends volontiers. Mais je vous dis une chose. Du lit d’hôpital, le lendemain du passage du ministre à l’hôpital, c’est moi qui ai pris mon portable pour envoyer à tous les journalistes, un message réaffirmant mon appartenance à l’opposition.  Personne ne me l’a demandé. Avant qu’il n’aille publier qu’il y a eu rencontre entre Amègnissè et tel parce que je ne les ai pas invité. La 2ème fois, un autre ministre a demandé à me voir chez lui. Mais mon Etat major et moi n’avions pas souscrit aux conditions évoquées par le ministre pour rencontrer le Chef de l’Etat qui consistait en une déclaration de soutien au Chef de l’Etat. J’ai dit au ministre que je n’ai jamais demandé à rencontrer le Chef de l’Etat et si cela devrait se faire, que ce soit au palais de la présidence.. Je lui ai également dit que concernant la déclaration, je la ferai à la sortie de l’audience et non avant comme le ministre me l’a proposé. La preuve, Yayi Boni ne m’a pas reçu jusqu’à ce jour et je n’ai pas reçu un copeck parce que je n’ai pas satisfait à ses doléances.

La prophétie de Kérékou pour l’ubf, toujours valable pour les G et F

Oui, vous savez, avant d’aller en prison, je continuais de rêver quant à la capacité des G et F et principalement de mon aîné Adrien Houngbédji de conquérir le pouvoir en 2011 et de nous permettre de fermer la parenthèse que constitue la « yayicrature ». Malheureusement, les choses ont évolué comme je le craignais. Aujourd’hui, le G4 n’arrive pas à s’entendre sur qui sera le candidat. A plus forte raison, la grande famille des G et F a du mal à s’entendre sur qui sera candidat. Léhady Soglo rêve d’être ce candidat, Houngbédji de l’être, je ne sais pas si Sèhouéto ne rêve pas d’être ce candidat et j’en passe. Qu’il vous souvienne qu’en 2004, le Général Mathieu Kérékou nous a rassemblé au Palais des congrès après les élections de 2003. Houngbédji avait rejoint la mouvance présidentielle, il ne restait que la RB dans l’opposition. Il avait ce jour là, Houngbédji, président du Prd, Amoussou Bruno du Psd Fagbohoun , Lazare Sèhouéto et tous les autres. Il nous a dit, si nous ne nous entendons pas, celui qui viendra lui succéder va nous arracher le pouvoir à notre nez et notre barbe. Il a ajouté qu’ «il n’est pas dans cette salle et qu’il viendra d’ailleurs ».
J’ai tenu à être là parce que je ne voulais pas rater ce rendez-vous de l’histoire. Nous nous sommes séparés, Kérékou a demandé à  Alain Adihou d’assumer le secrétariat parce qu’il était le ministre chargé des relations avec les institutions à l’époque. Houngbédji, Amoussou, Fagbohoun, Sèhouéto n’ont pas pu s’entendre. Résultat : ce que le Général a prédit est arrivé, un autre est venu ramasser le pouvoir à notre nez et à notre barbe. Aujourd’hui exactement comme cela s’est passé en 2004, la classe politique se retrouve encore toute conglomérée dans G4, G13 et Force Clé. Un conglomérat, ce n’est pas une véritable alliance. Et les mêmes querelles recommencent. Alors, vous voulez que moi, je sois encore dans ce conglomérat à nous chamailler pour qu’un autre vienne encore souffler le pouvoir à notre barbe? Nous, on est sur le terrain. On ne fait pas de conférence de presse, des discussions…non ! Nous sommes sur le terrain. Au sortir d’ici, on sera dans le Mono pour continuer de tourner et de travailler. Le débat est sur le terrain.

Tchané le candidat idéal ?
Je ne voulais pas justement, avant que vous me l’ayez demandé, me lancer dans les éloges de mon candidat. Car vous allez m’accuser d’être venu ici faire la publicité de mon candidat. Quand vous m’invitiez ici, vous ne m’invitiez pas à titre de personnalité politique ayant choisi le candidat Bio Tchané. Non ! Donc, maintenant que vous me posez la question, je vais vous dire les raisons profondes qui ont fait que la coordination nationale de TSYB 2011 a choisi Bio Tchané comme son candidat.
Moi, j’ai pratiqué Bio Tchané et je sais comment il est devenu ministre des finances du Général Mathieu Kérékou. Et je sais comment il a quitté le gouvernement. C’est lui qui a voulu quitter le gouvernement pour soulager Kérékou d’un problème que constituait à un moment donné sa présence. Parlons-en un peu. Vous savez que la privatisation de la Sonacop a créé d’énormes problèmes. Au début, personne ne savait exactement ce qui s’est passé. Mais, on soupçonnait un peu Fagbohoun de la mouvance de Kérékou d’avoir pris la Sonacop par des jeux insidieux. C’est ce que tout le monde soupçonnait. Même les médias ont crié la chose à un moment donné. On en était là quand la commission bancaire de l’Uemoa venant faire un contrôle de routine, comme dans ses habitudes, à une banque de la place, la Continental Bank, a découvert que le crédit qui a été octroyé par la Continental Bank à la CPI de Fagbohoun pour acheter la Sonacop était garanti par un compte à terme appartenant à la Sonacop, société que la CPI, bénéficiaire du crédit a rachetée. C’est exactement comme si le journal « L’Evénement Précis » devait être vendu et que ce journal a un compte en banque qui fait donc partie du patrimoine du journal « l’Evénement Précis » et que la banque qui détient ce compte à terme, fait à moi l’acheteur de « l’Evénement Précis » un prêt qui est garanti par le compte à terme. Il y a quelque chose qui ne marche pas. Si la Sonacop a tant d’argent pour garantir un prêt, pourquoi alors doit-on vendre la société ? C’est la question qui se pose. C’est une question d’éthique. Ce n’est pas parce que je suis aujourd’hui dans l’opposition avec Fagbohoun que je vais dire que ce problème n’a jamais existé. Ce problème a existé. Et la commission bancaire de l’Uemoa a fouillé les conditions dans lesquelles le crédit a été octroyé et a trouvé des maldonnes dans le crédit. La commission bancaire a rendu compte à la BCEAO qui a sanctionné la banque et Sabbat d’Almeida qui était Directeur de la banque a été frappé d’interdiction d’exercer la profession bancaire à vie dans l’espace de la zone franc. La commission de l’uemoa et de la Bceao ne peut pas porter le problème en justice. Il reste au gouvernement béninois de prendre ses responsabilités en la matière. C’est une des lacunes. Ce n’est pas parce que mon papa en politique, c’est le Général que je vais dire que tout a été blanc sous le régime du Général. Donc, il restait au gouvernement de prendre ses responsabilités. Le Général Kérékou a amené le problème en Conseil des ministres. Il a été désavoué par presque tous les ministres parce qu’ils étaient tous mouillés. Il a été désavoué par tous les ministres qui ont refusé que le ministre des finances en la personne de Abdoulaye Bio Tchané à l’époque, porte l’affaire devant la justice. Puisque, c’est un ministre qui peut porter l’affaire devant la justice au nom du gouvernement. Kérékou a été désavoué par tous se ministres. Kérékou ne faisant rien quand tous les ministres n’y adhèrent pas,  les ministres se sont donnés le mot pour le désavouer.  Donc, Kérékou qui a été mis en minorité par ses ministres a dit à son ministre des finances de garder le dossier afin d’être représenté une autre fois en Conseil des ministres. Bio Tchané, qui vient de la Bceao, qui est un cadre de valeur, un banquier émérite, formé dans la maison Bceao et qui sait comment ça fonctionne, a dit qu’il ne peut pas fermer les yeux sur ça. « Quelle est ma crédibilité si on ressortait ce dossier quand je ne serai plus ministre ?» se demandait-il. Bio Tchané n’a rien dit au Général. Il retourne dans son bureau après le conseil des ministres. Il met une semaine pour potasser, le mettre en ordre et sans l’avis du conseil des ministres, il transmet le dossier en justice. Il faut avoir du culot pour faire ça.. Je me suis retrouvé moi-même dans la peau de ministre dans une situation pareille, qu’est-ce que j’aurais fait ? C’est depuis ce temps que je voue une admiration sans faille, sans borne pour monsieur Abdoulaye Bio Tchané. Il a transmis le dossier en justice. La justice a alerté les ministres qui ont alerté le Général. Le Général était dans une fureur noire. Il a appelé Abdoulaye Bio Tchané qui s’est expliqué. A tous les conseils des ministres qui ont suivi, Bio Tchané était en difficulté avec ses collègues ministres. Et tout le monde accusait le Général de le couvrir et qu’il faut prendre des mesures contre lui. Bio Tchané mettant le Général en difficultés dans son propre gouvernement, a proposé au Général de le libérer pour qu’il puisse retrouver ses fonctions professionnelles. Voilà une qualité que je lui aie reconnue.
Quant à ses capacités managériales, il n’y a point d’équivoque. Les deux hommes (Boni Yayi et Bio Tchané) n’ont pas les mêmes valeurs managériales. Ça, c’est la première chose. Bio Tchané a été à la Bceao dans le staff de direction plusieurs années avant d’être nommé ministre des finances. Bio Tchané était vice gouverneur quand il était à la Bceao. C’est le second point. Bio Tchané a été Directeur Afrique du FMI, la plus haute fonction dans les institutions internationales occupée par un africain et avant lui, il y a eu bien sûr Alassane Dramane Ouattara dont on connaît les qualités en matière managériale, en matière de gestion des ressources et des hommes. On ne désigne pas n’importe qui pour être Directeur Afrique du FMI. Et c’est avec l’accord du Fmi qu’il a été cédé pour venir sauver la Boad.

Bceao, Fmi, Boad. Et les abandons continuent ?
Abandon de quoi? Le président Abdoulaye Bio Tchané n’est qu’en début de mandat à la BOAD. On ne peut même pas faire un bilan. Et s’il postulait au fauteuil présidentiel, un béninois le remplacerait à la tête de la BOAD. N’importe quel Chef d’Etat s’attaquerait au principe que la présidence de la Boad reviendrait au Bénin, qu’il ferait s’effondrer automatiquement le système de la zone franc ouest-africaine. Mieux, les Chefs d’Etat de l’Uemoa en ont déjà référé aux institutions de Brettons Wood pour trancher ce conflit. Et nous avons été soutenus par le Fmi, la Banque Mondiale, les grands partenaires, les grands Etats à cause de la personnalité d’une seule et même personne : Abdoulaye Bio Tchané qui aux yeux de toutes ces institutions, incarnait la rigueur, la transparence et l’honnêteté. Ils ont mis sur le plateau deux choses, les hautes fonctions qu’il a occupé et ce qu’il a fait dans l’affaire Sonacop quand il était dans le gouvernement béninois. Vous savez, votre passé vous poursuit en bien ou en mal. Je parle de ce que je sais. Et je défie quiconque à un débat public télévisé, radiodiffusé sur la question. Vous voyez ! Alors je vous pose la question, pour que le Bénin ne perde pas la présidence de la Boad, si vous êtes Directeur Afrique du Fmi et qu’on vous dit que si vous ne prenez pas la présidence de la BOAD votre pays perd le poste, allez-vous refusez ? Voilà le problème.

« L’alternative ne se propose pas. On constitue l’alternative »

D’abord quand on est opposant, ce n’est pas pour faire des propositions. les proposition c’est au deuxième chef. L’opposition commence par la critique. c’est le pouvoir quant il a échoué qui dit chaque fois "opposition constructive, vous faites des critiques mais vous ne proposez pas." Mais non !  Le rôle de l’opposition, ce n’est pas de proposer. Le rôle de l’opposition, c’est de regarder là où le gouvernement est tombé et d’attirer l’attention du peuple pour dire qu’il a failli ici. L’alternative ne se propose pas. On constitue l’alternative. Je viens d’en parler. J’ai dit que Houngbédji devait constituer l’alternative en se déclarant opposant dès 2006. L’alternative, ce n’est pas une proposition. C’est aux membres de la mouvance présidentielle de proposer des corrections à leur chef en prenant acte des critiques. Notre opposition à nous, a fait mieux. Elle a fait le travail de la mouvance à sa place. Elle a fait des propositions.

Amègnissè, le panafricaniste !

Les jeunes de la fédération nationale de la jeunesse béninoise (Fnjb) sont venus me voir pour me dire « nous avons un projet et quand nous avons vu quelques personnalités, ils nous ont dit que vous avez déjà proposé ce projet » : la Fédération des jeunes africains. C’est un projet effectivement sur lequel j’ai travaillé. Malheureusement le Général est parti et nous ne pouvons plus mettre ce projet parce que je suis de l’opposition aujourd’hui. Ils ont dit, « parrainez-nous, nous voulons reprendre ce projet ». J’ai fait le tour de plusieurs capitales africaines. Des Chefs d’Etat m’ont reçu. C’est extraordinaire. Le Général nous a fait des recommandations et des Chefs d’Etat m’ont reçu. Le projet était parti.. Cinq pays ont accepté d’envoyer officiellement des délégations. Nous ne demandions pas un franc au gouvernement béninois. Le gouvernement béninois a voulu recevoir le comité d’organisation. Je dis que si je me trouve là, en face d’eux, ils vont avoir peur. J’ai envoyé trois jeunes et ils ont été reçus par huit (08) conseillers du Chef de l’Etat dont le Chef de cabinet, Edgar Soukpon. Ils ont pris le projet et ils ont enterré le projet. Ils ont d’abord essayé de réaliser le projet à leur compte. La plupart des délégations qui étaient prêtes à venir sur notre invitation, ont refusé parce qu’ils voulaient une organisation internationale non gouvernementale (Oing) indépendante des gouvernements. Ce projet a été enterré parce que simplement l’initiateur, c’est Andoche Amegnissè.  Je vais finir sur ce volet en vous donnant une deuxième initiative que j’ai prise : l’Union des ressortissants de l’espace Uemoa (UrUemoa). Vous savez que je suis consultant et mon expertise est internationale. Dieu merci. A la demande de deux Chefs d’Etat de l’espace Uemoa, j’ai pris l’initiative de rassembler les ressortissants de l’Uemoa pour créer une OING pour que la dynamique insufflée par les gouvernements en matière d’intégration sous-régionale au niveau de l’Uemoa soit relayée par la Société civile c’est-à-dire les populations. C’est ce que voulaient les Chefs d’Etat. « Professeur, prenez ce dossier parce que nous savons que vous en avez l’expertise ». Nous avons installé un comité international de l’Uruemoa. Et j’ai promis commencé à installer le premier maillon chez moi. Nous avons fait le congrès constitutif de l’UrUemoa. Le dossier se trouve encore à la préfecture. On refuse de nous donner le récépissé jusqu’à ce jour.

Kérékou un soutien de Bio Tchané ?

Vous savez, le Général est un bon papa. Il y a au moins une demi douzaine de candidats virtuels aux élections présidentielles qui sont partis solliciter papa Kérékou le Général pour avoir son onction. Le général, en bon papa, ne voudra jamais privilégier un fils par rapport aux autres. Mais moi, je connais le Général. D’autres le connaissent mieux que moi, mais pour le peu que moi, je le connais, si Kérékou ne vous dit pas non, ça veut dire que vous pouvez faire. Moi, j’ai reçu la garantie que le Général n’était pas contre mon soutien à la candidature de Bio Tchané. Vous savez, je travaille avec certains enfants du Général.. Et parmi les enfants du Général, celui qui est le plus avancé en politique me fait l’honneur de me considérer en politique comme un grand frère. Et nous sommes ensemble dans le travail que nous faisons actuellement ensemble pour Bio Tchané. Donc, pour ce que moi je sais du Général et de son habitude d’agir en bon papa qui ne veut pas privilégier tel par rapport à tel, lorsque le Général est contre, il vous dit non. Mais quand il ne vous dit pas non, quand il vous dit même « Bon…ce n’est pas mauvais », ça veut dire que c’est bon. Kérékou ne vous dira pas « prenez tel, abandonnez tel ».

Deux garanties pour l’élection de Bio Tchané en 2011
Je peux vous dire deux choses très importantes qui sont des conditions personnelles. Crois qui veut, n’y crois pas qui ne veut pas. La première certitude, je peux vous dire que le prochain Président de la République en 2011, ce sera Abdoulaye Bio Tchané. Aujourd’hui, allez dans la rue, dans Cotonou et à l'intérieur du pays et posez la question aux gens. On ne peut pas donner à un peuple un chef dont le peuple ne veut pas. Moi, je m’appuie sur la rue. J’ai été le Président des « Laissés pour compte », je suis aujourd’hui professionnellement et politiquement, l’homme politique qui est le plus dans la rue. C’est la première garantie que je vous donne. La deuxième garantie que je vous donne, depuis que je suis sorti de prison, rien que pour aller remercier, j’ai effectué plusieurs sorties à l’extérieur. J’ai rencontré de hautes personnalités qui, pendant que j’étais en prison, ont soutenu ma famille. Ils ne pouvaient pas me soutenir au plan politique au risque de créer des incidents diplomatiques avec notre gouvernement. Mais, ils m’ont fortement soutenu au plan social. Ma famille n’a manqué de rien. Là où je dépensais 5f par jour, ma famille avait 500f par jour pendant que j’étais en prison. Vous voyez que j’ai été fortement soutenu aussi bien à l’intérieur. Et ça, je rends grâce aux G et F. ils m’ont beaucoup soutenu au plan social. Même si politiquement, ils ne m’ont pas soutenu comme je l’avais souhaité. J’ai rendu visite à de hautes personnalités parmi lesquelles quatre (04) Chefs d’Etat. Et dès que je finis de parler de ce qui m’a envoyé en prison et de remercier pour le soutien qu’ils m’ont apporté, nous abordons l’avenir du pays et celui de l’Afrique. J’ai été sidéré de la considération que toutes ces personnalités et tous ces Chefs d’Etat, parmi lesquels certains sont considérés comme des amis très proches de Yayi Boni, de la considération qu’ils ont pour la personne de Bio Tchané. Je vous dis que c’est sidérant. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui m’ont motivé, qui m’ont renforcé dans mon choix. Nous ne pouvons pas donner au Bénin un Président qui sera considéré comme infréquentable par les autres Chefs d’Etat africains. Nous ne pouvons pas donner au Bénin un Président qui avant et pendant la campagne présidentielle, ne peut pas se déplacer pour aller dans le monde où il sera reçu avec tapis rouge. C’est important. Parce que tout ne se trouve pas dans l’élection. Si le peuple béninois à massivement porté son suffrage sur Yayi Boni, c’est parce que Yayi Boni incarnait à ses yeux, en 2006, le candidat le plus acceptable par l’opinion internationale aussi bien que par l’opinion nationale. Ça a beaucoup compté. Et aujourd’hui, Abdoulaye Bio Tchané semble le plus indiqué pour apparaître comme le plus fréquentable, le plus acceptable par les autres Chefs d’Etat.

Amègnissè, le héros de la prison civile de Cotonou
Il y a en prison plus d’innocents que de coupables. Notre justice est corrompue. C’est triste. Lorsque qu’elle n’est pas aux ordres du politique, elle est assujettie à la puissance de l’argent. Nous avons l’une des justices les plus corrompues au monde. Je pèse bien mes mots pour ne pas dire la plus corrompue du monde. C’est triste, c’est grave, c’est dangereux. Vous savez que dans le pacte international des droits humains, et le Bénin a souscrit à ce pacte et l’a ratifié, il est formellement interdit à tous les Etats du monde de détenir de façon provisoire pendant un délai long, un citoyen qui n’a pas été reconnu coupable et condamné. Et le délai du court terme, c’est six (06) mois. Au delà de six mois, ça tombe dans le long terme. Et la justice béninoise est si consciente de la chose que tous les six mois, on envoie les prisonniers renouveler la détention préventive. J’ai mené cette bataille depuis la prison. J’ai été durant toute ma détention et je continue d’être traité jusqu’à la seconde où je vous parle comme un héros par les prisonniers. Ils me disaient que je suis venu en prison pour venir vivre ce qu’il y a en prison. Quand Rama Yade (ex Secrétaire d’Etat français aux Droits de l’Homme), il a fallu qu’on m’enferme par la ruse pour que je ne la rencontre pas alors que j’avais été informé aussi bien par des autorités françaises que béninoises. C’est triste ce qui se passe avec notre justice. Quand vous avez de l’argent, vous sortez très vite de prison. Quand vous vous n’avez pas d’argent, vous pourrissez en prison même quand vous êtes innocent. Le juge est, mieux que le gouvernement, la vitrine d’une démocratie et d’un pays. C’est la vitrine de l’Etat de droit. Ce que j’ai dit au greffier de la prison. Et notre justice doit cesser d’être le talon d’Achille de l’Etat de droit et de la démocratie. Quel juge n’est pas père, mère, mari, épouse ou petit frère ou grand frère ou grande sœur ou petite sœur ? Quel juge ? Les juges sont des hommes. Ils peuvent se retrouver en prison demain. Ils peuvent avoir des parents en prison demain. Alors, est-ce qu’ils seraient contents, s’ils n’avaient pas été juges et qu’ils étaient en prison ou qu’un parent était en prison, que leur parent ou eux-mêmes, passent des années en prison sans que son dossier toujours en instruction, n’évolue d’un iota. Qu’ils végètent en prison parce que eux n’ont pas de l’argent pour soudoyer tel greffier, soudoyer tel juge, soudoyer tel procureur ou tel substitut? Qu’ils végètent en prison parce qu’ils n’ont pas un parent ministre qui va prendre le téléphone et intervenir en leur faveur ? C’est triste, notre justice aujourd’hui. Je voudrais que vous qui êtes de la presse et des médias, que vous nous aidiez à aller en campagne non pas contre la justice, mais aller en campagne contre l’injustice. Mais que nous allions en campagne pour l’amélioration de notre système judiciaire.

Un coup de pouce de l’opposition dans la publication de Tsyb 2011 ?
C’est au 3ème numéro que Houngbédji a donné une seule fois sa première et dernière contribution à TSYB 2011. C’est loin d’être le million parce que je ne veux pas que ce soit comme une critique que je lui adressais. Les autres, c’est quand j’ai été en prison que Léhady Soglo a soutenu ma famille. Il n’a jamais donné 1f pour soutenir TSYB 2011. Aucun homme politique de premier plan n’a jamais donné cinq francs à TSYB 2011. Les acteurs de TSYB 2011, c’est de petits travailleurs, c’est des cadres, c’est des jeunes, c’est des militants qui disent qu’ils veulent parler. « Professeur, vous devez parler pour nous. Et comme vous ne pouvez plus paraître dans les journaux, vous ne pouvez plus aller à la télévision, vous ne pouvez plus aller à la radio, on va créer notre journal». C’est eux qui ont créé TSYB 2011 qui avait d’abord été appelé le Réveil du peuple. Et c’est eux qui cotisent.. C’est pour cela que TSYB 2011 ne cessera jamais de paraître. Je continue de dire que je n’ai pas attaqué la vie privée du Chef de l’Etat. J’ai dit des vérités. Je dirai pire dans le prochain numéro.

L’appel aux médias
Je conclurais en ayant un mot, non pas à l’endroit du peuple, j’ai trop d’occasions de parler au peuple, mais à l’endroit de vous de l’Evénement Précis et de tous vos collègues journalistes. Vous êtes la vitrine de notre pays à l’échelle nationale et internationale au plan de la liberté, la défense des libertés. Parce que si la presse et les médias constituent le 4ème pouvoir, c’est tout simplement parce qu’elle a été investie dans la mentalité des peuples démocrates d’être la gardienne de la liberté. Nous avons traversé de 2006 à 2008 deux années pendant lesquelles les médias ont été soit achetés, soit bâillonnés. Vous n’avez pas tous été achetés. Mais ceux qui n’ont pas été achetés, ont été bâillonnés d’une manière ou d’une autre. A partir de 2008, un sursaut a commencé. Je peux me réjouir que du fait que, le meilleur soutien que j’ai eu au plan public et même politique, vienne de vous.. C’est les médias qui ont le plus dénoncé mon emprisonnement pendant tout le temps que j’étais en prison sur Internet, les journaux. Surtout la presse écrite. Voilà pourquoi vous m’êtes cher. C’est vous qui avez le plus agit en ma faveur pour dénoncer. Je vous en supplie, ne retournons pas à la période de 2006 à 2008. Quel homme politique peut se targuer mieux que vous d’être le rempart de la démocratie ? Aucun.. Ils ont tous été dans la mouvance. Ils ont tous eu des ministres au gouvernement. Ils ont tous contribué en 2007 à donner la majorité parlementaire à Yayi Boni. Le G13, c’est eux qui se sont ajoutés aux 35 députés de Yayi Boni pour faire le bureau de l’Assemblée Nationale qui ensuite a donné la Cour constitutionnelle à Yayi et aussi les autres institutions. C’est vous qui êtes les remparts contre la dictature, contre l’autocratie. Je vous en supplie, surtout vous de l’Evénement Précis, qui savez faire l’équilibre. Je ne vous ai rien payé pour venir aujourd’hui ici. Je vous en supplie, vous devez être les voix qui crient dans le désert comme Jean-Baptiste l’a dit et il l’a été. Vous devez continuer d’être sentinelle de la nuit. Parce que nous sommes dans la nuit de la démocratie, la nuit de l’obscurantisme, la nuit de l’improvisation. Et c’est vous qui pouvez sonner le tocsin du réveil parce que nous voulons être le réveil du peuple, mais vous avez la mission d’être des éveilleurs de conscience.
 

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