L’émission Zone Franche du dimanche 09 Août dernier a eu pour invité le professeur Roger Gbégnonvi. Au cours de l’entretien qu’il a eu avec nos confrères Brice Houssou et André Dossa, il a essayé de décrypter le contenu de la lettre ouverte qu’il a adressée au chef de l’Etat quelques jours plus tôt à travers certains organes de la place. Pour l’ancien ministre de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales, le candidat Boni Yayi que 75% des Béninois en âge de voter dont lui-même, ont choisi en mars 2006 pour diriger les destinées de notre pays, a échoué vis-à-vis de son programme d’actions, l’agenda pour un Bénin nouveau. A en croire Roger Gbégnonvi, s’il a soutenu le candidat Boni Yayi pour qu’il accède à la
magistrature suprême, c’est parce qu’il est convaincu de ce que, une fois au pouvoir, il allait mener une guerre contre la corruption. Hélas, il a échoué sans oublier que la corruption qu’il était sensé combattre, a gagné du terrain. Néanmoins, le président Boni Yayi a encore 18 mois devant lui pour lui démontrer le contraire, a-t-il ajouté. Concernant l’entretien que le chef de l’Etat a accordé aux médias le 1er Août dernier, le professeur Roger Gbégnonvi s’est aussi prononcé sur certains propos du chef de l’Etat. Pour l’ancien ministre de l’alphabétisation et des langues nationales, le président Boni Yayi n’aurait pas dû déclarer qu’il est responsable, mais pas coupable des actes de malversations financières qu’on a constatés sous son régime. C’est une erreur car c’est pour lui que le peuple béninois a voté et non pour ses collaborateurs. C’est ainsi qu’il a rebondi sur l’affaire Cen-Sad pour expliquer que le ministre Soulé Mana Lawani n’en a été pour rien dans les actes de malversations financières dans la mesure où les décisions qui ont été prises dans le cadre de la rénovation du Cic et du Palais des Congrès y compris le décaissement des fonds y afférents n’auraient pas été possible sans l’aval du chef de l’Etat. Il a poursuivi en ajoutant que même si Lawani n’a pas eu une autorisation avant de sortir des caisses de l’Etat ces fonds, il a dû, à un moment donné, informé le président de la République. Par conséquent, le prince du Changement ne saurait déclarer qu’il n’était au courant de rien dans cette affaire. Pour lui, cela n’est pas une erreur mais une faute grave. Toujours dans la même rubrique, mais cette fois-ci au sujet de l’arrêté interministériel co-signé par Lawani et son collègue Tchala, qui aurait de lourdes incidences sur les caisses de l’Etat et qui aurait été à l’origine du départ de Lawani du gouvernement, le Professeur Roger Gbégnonvi a trouvé que le gouvernement et donc son chef a fait économie de vérités. Contrairement à ce qui se disait et qui faisait écho de ce que la décision de payer des primes aux travailleurs de la santé a été prise de façon unilatérale par l’ex-argentier national Soulé Mana Lawani, son collègue de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales, a soutenu que la décision a été bel et bien discutée en conseil des ministres et que le ministre Lawani n’a été qu’un bouc-émissaire. Ce fut aussi l’occasion pour Roger Gbégnonvi de revenir sur un vœu qui lui est vraiment cher, celui de voir la lutte contre l’impunité devenir une réalité. Toujours fidèle à son principe qu’il n’y a pas de développement sans les langues nationales, il a précisé qu’il faut la création d’un haut commissariat des langues nationales pour une période de 25 ans avant d’en voir des fruits. Pour une fois encore tout en revendiquant son appartenance à la société civile, le professeur Roger Gbégnonvi vient de montrer à la face du peuple béninois tout entier que la dent qu’il a aujourd’hui contre le régime, n’est pas due à son départ du gouvernement mais plus tôt à l’échec des idéaux que le candidat Boni Yayi avait promis promouvoir.
Sylva TOE de http://akkilouy.over-blog.com/article-34754719.html
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