Après un long séjour passé en prison, Alain Adihou livre ses impressions à la presse béninoise sur les dossiers brûlants de l’actualité nationale et sa version des faits à lui incriminés. Un Alain Adihou visiblement partagé ente justice et pardon.
L’ancien ministre Alain François Adihou était dimanche dernier sur l’émission « zone franche » de Canal 3 où il a eu à répondre aux questions des journalistes qui ont porté essentiellement sur la question de la Lépi, les raisons de sa mise en détention et sa lecture de la gestion du pouvoir sous Yayi.
Une LEPI valable, objective et pertinente
Concernant le premier point, à savoir la LEPI, Alain Adihou a montré à l’opinion publique béninoise que les 1011jours passés en détention préventive n’ont pas émoussé ses idées sur la question. En effet, il a rappelé que c’est lui qui, sur l’initiative du Général Mathieu Kérékou, avait rédigé le premier document sur la LEPI qui traite des travaux préliminaires à effectuer avant la mise en œuvre effective de la LEPI. Il s’agit notamment de l’équilibre des membres composant la Cps lépi entre mouvance et opposition, de la cartographie censitaire. Bref, le document sur la LEPI de Alain Adihou optait pour une LEPI valable, objective et pertinente. L’invité a pris le soin à ce niveau de faire remarquer que, même si l’administration est une continuité et que par conséquent, ce document a été largement exploité, il n’en demeure pas moins que certains critères et principes nécessaires à une LEPI sûre sont en train d’être foulés au pied.
Au nom du Bénin, je pardonne
Selon Alain Adihou, jusqu’à aujourd’hui, les raisons qui ont motivé sa mise en détention le laissent encore perplexe. En effet, il est soupçonné de détournement sur les fonds qui devraient normalement être dévolus à la mise en œuvre de la LEPI et qui s’élèvent à 6,22 milliards F cfa. Or, rappelons-le, Alain Adihou a rédigé un document de faisabilité de la LEPI et non de mise en œuvre de celle-ci. Le budget de ce document s’élevait à 811 millions dont 793 350 446 F cfa, selon ses propos, ont été utilisés et ce dans les règles de l’art, c’est-à-dire que les décaissements se déroulaient sous l’ordre et l’œil avisé du ministre des Finances d’alors, Cosme Sehlin. En somme, pour finir sur ce point, Alain Adihou réclame justice et a révélé qu’il est vrai que les députés de la 4ème législature ont demandé une mise en examen pour fouiller sa gestion du budget de son document de faisabilité, mais que c’est le Docteur Boni yayi et son gouvernement, principalement, le ministre de la Justice d’alors, Abraham Zinzindohoué qui l’ont envoyé en prison. « Je suis sans rancune et sans rancœur par rapport à tout ce qui s’est passé », et « Au nom du Bénin, je pardonne », confie l’invité. Ainsi s’intitulera également le premier d’une série de trois livres qu’Alain Adihou promet de sortir incessamment.
Une affaire de génération
Quant à la gestion du pouvoir sous Yayi, l’invité Alain Adihou a rappelé à l’opinion publique béninoise que Yayi et lui font partie de la même génération et que, par conséquent, ce dernier répond d’une obligation générationnelle de succès. Autrement dit, si le Docteur Boni Yayi ne dresse pas un bon bilan au terme de son mandat, il peut être certain que ceux qui l’ont porté au pouvoir en 2006 et dont fait partie Alain Adihou, n’hésiteront pas un instant à donner leur voix à un autre congénère qui peut être Abdoulaye Bio Tchané ou quelqu’un d’autre. Bref, Boni Yayi a encore un an pour corriger ses erreurs et se donner plus de crédibilité pour 2011. Alain Adihou pense qu’aujourd’hui, l’on assiste à un piétinement ou dans le pire des cas à une involution au lieu d’une évolution qui devrait en principe être mue par le changement du système entendu comme valeurs et principes. Pour l’heure, il ne se déclare ni de la mouvance présidentielle ni de l’opposition mais soutient les actions de l’un et de l’autre camp s’il y est invité.
Prince AKOGOU
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