La déclaration du ministre Baba Body, lors de la clôture du colloque marquant les 20 ans de la Conférence nationale doit faire réfléchir, les acteurs politiques contemporains. 82 millions de francs Cfa, sortis de la poche de Béninois pour organiser les assises du PLM Alédjo en février 1990. Un exemple à rééditer.
La génération actuelle peut bien s’interroger sur sa capacité à tenir une rencontre qui égalerait le patriotisme de celle qui était au PLM Alédjo du 19 au 28 février 1990. Lors de la cérémonie de clôture du colloque sur « l’état de la démocratie béninoise, 20 ans après la Conférence des forces vives de la nation », le ministre Baba Body, a laissé entendre que la Conférence nationale avait été préfinancée par des Béninois. Cette révélation, qui ne ressortait presque pas des vestiges des travaux de la Conférence, doit plonger chaque acteur contemporain de la scène politique béninoise, sur son attachement à l’argent. L’un des dysfonctionnements à réguler selon le rapport du comité de pilotage du colloque. Dans la perspective des élections de 2011 et au regard des observations relatives au blocage de la CENA du fait des questions pécuniaires, c’est l’opportunité de s’interroger sur la volonté réelle des acteurs politiques béninois, à faire fonctionner les institutions installées dans le cadre de l’organisation des élections au Bénin.
2011 espère voir les « patriotes »
Près de 82 millions de francs CFA, c’était la bagatelle qui avait été puisée dans les comptes de Béninois, pour suppléer à l’incapacité du Trésor public d’alors. Et si ce même problème se posait aujourd’hui ? Celui qui parierait que la Conférence allait être reportée aux calendes grecques aurait raison. La preuve, combien de CENA n’a – t – on pas connu, dans un désarroi pécuniaire ? Celle ayant conduit la présidentielle de 2006 en a fait les frais. Et plus récemment, celle de Pascal Todjinou, n’a pas échappé au supplice. Pourtant dans ces différents cas, aucun Béninois n’a été cité comme « patriote », pour financer ces élections, et éviter au pays de tomber dans un éventuel vide constitutionnel. C’était les vas – et – viens entre bailleurs de fonds, conférence de presse et siège de la CENA. Dans le contexte socio – politique actuel, caractérisé surtout par les tiraillements autour de la LEPI, il faut peut – être s’attendre à un blocage de la CENA 2011. La non réalisation de la LEPi ou sa réalisation non admise par tous, peuvent être les prétextes de ce blocage. En ce moment, il faudrait que ceux qui se disent aujourd’hui « patriotes » ou « unis pour la nation », sortent de l’ornière, non pas pour aller voir les bailleurs, mais pour débloquer une situation nationale par leur propre ingéniosité ou fonds.
Vadim QUIRIN
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