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Actualités politiques nationales : Rétrospective des faits marquants en 2009

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L’année 2009 égrène ses dernières minutes et dans 24 heures, on ne parlera que d’elle au passé. Grandes réalisations dans les secteurs économiques, infrastructurels, social, culturel et sportif. Mais aussi brouille persistante au plan politique entre la mouvance présidentielle et l’intergroupe des G et F. Face aux enjeux de 2011, en l’occurrence la présidentielle et les législatives, chacun des camps antagonistes tire le drap de son côté. Le peuple, face aux actes de ses acteurs politiques, tentent vaille que vaille de forger son opinion sur la situation politique délétère. Visiblement lassés par ses guéguerres sur le terrain comme à l’Assemblée nationale, les uns et les autres formulent le vœu que l’année 2010 soit plus stable au plan politique et économiquement prospère pour le Bénin.
 
L’année 2009 a été essentiellement marquée, au plan politique, par la brouille continue entre la mouvance présidentielle et l’opposition. La crispation des relations a atteint des proportions inquiétantes au point où l’opinion a commencé à s’émouvoir quant à l’avenir de la démocratie béninoise. Va-t-on vers une menace à la paix nationale ? Beaucoup sont stupéfiés de la crise politique actuelle qui laisse apparaître deux (2) blocs politiques antagonistes. Le dialogue entre les adversaires politiques à savoir la majorité présidentielle plurielle et l’intergroupe des G et F semble rompu. Les invectives ont pris le pas sur les débats réfléchis. On ne rate aucune occasion pour se lancer des pics au détriment des préoccupations majeures de développement et des besoins sociaux cruciaux des populations. On s’étonne de la situation qui intoxique malheureusement la cohésion nationale.
 
Dialogue politique interrompu
Face à la crise politique extrêmement tendue, on s’attendait à l’instauration d’un cadre de dialogue franc pour dissiper les clivages. Ce qui a, sans nul doute, inspiré le Chef de l’Etat, le Président Boni Yayi qui a pensé au Dialogue politique national devant réunir autour d’une même table les antagonistes politiques, en l’occurrence les acteurs de l’intergroupe des G et F et ceux de la mouvance présidentielle. Hélas, cette initiative largement applaudie par les populations et observateurs politiques n’a pas pu prospérer pour des motivations propres aux parties. L’opposition a, de façon feutrée, rejeté l’offre du pouvoir. Pour une première fois, les responsables du G4, G13 et Force Clé ont estimé que la date retenue pour la tenue dudit dialogue coïncidait avec leur séminaire de Bohicon et d’Abomey. Les autres tentatives du ministre chargé des relations avec les institutions, Zakari Baba Body, n’ont pu porter leur fruit. Les adversaires du régime en place ont souhaité qu’ils soient consultés sur le contenu du dialogue et leurs préoccupations avant sa tenue. Jusqu’à ce jour, c’est le statu-quo. Ce qui, semble-t-il, aurait vicié les rapports entre les deux (2) blocs politiques à la date d’aujourd’hui. L’opinion s’interroge bien sur les chances de dénouement de la crise vue que l’enjeu de 2011 se pointe également à l’horizon. Et pour qui le sait, il s’agit d’un rendez-vous éminemment politique où les coups bas sont permis.
 
La série des décisions de la Cour suprême
L’année 2009 est aussi marquée par les décisions sans fin de la Cour suprême au sujet des contentieux électoraux. Les recours formulés par certains concitoyens pour l’invalidité de tel ou tel autre siège après l’organisation des élections communales et municipales en 2008 n’ont pu être totalement vidés. L’institution dirigée par Aboudou Saliou continue de rendre ses décisions. En témoigne récemment le cas d’Abomey où la Cour suprême vient de rétablir Maxime Houédjissin. Les exemples dans ce cas de figure sont légion. Seulement, les populations se plaignent à voix basse de la lenteur de la Cour qui continue, à travers sa démarche, de maintenir certains élus dans un état de psychose permanent. D’autres décisions de l’institution sont encore en vue, apprend-t-on. Il n’est donc pas à occulter d’éventuelles remises en cause de sièges d’élus en 2010.
 
L’épisode Lépi
On ne saurait battre en brèche le fameux dossier Lépi qui est encore d’actualité. En effet, le gouvernement Yayi tient à renforcer le système démocratique béninois à travers la crédibilisation du processus électoral. Grâce à la contribution et à l’appui financier des partenaires étrangers tels que le Pnud, le gouvernement, à travers son chef, a lancé le processus de la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Ce qui n’a pas plu à toutes les composantes de la société béninoise. Les premiers écueils ont été enregistrés lors du vote de la loi portant réalisation de ladite liste et la désignation du superviseur général de la Commission politique de supervision de la Lépi (Cps-Lépi). Après moult tractations et conciliabules politiques, l’honorable Epiphane Quenum a été élu pour présider la commission. Ce qui, du coup, a suscité un tollé général dans le rang des acteurs politiques, en l’occurrence ceux de l’opposition. Certains ont voué aux gémonies cette élection qui, selon eux, relève des manœuvres du pouvoir en place. Dès lors, les relations entre membres de la Cps-Lépi sont de moins en moins cordiales. Epiphane Quenum a été, maintes fois, décrié par ses pairs pour sa gestion, disent-ils, solitaire et opaque. Les leaders de l’opposition, entre-temps, se sont plaints aux partenaires étrangers à l’instar du Pnud pour dénoncer l’agissement du gouvernement dans le processus de la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée. Ils exigent la réalisation d’une Lépi consensuelle. Pour l’heure, les critiques restent violentes et perceptibles dans le camp des opposants et membres de la Cps. Du côté du superviseur général, Epiphane Quenum et de la mouvance présidentielle, on rassure l’opinion de la réalisation sans accroc de la liste.
 
Départ tonitruant de Gbadamassi du G13
Longtemps farouche adversaire du Chef de l’Etat, le député Rachidi Gbadamassi a finalement rejoint en avril 2009 la mouvance présidentielle après avoir démissionné du G13 de Issa Salifou. Une nouvelle qui s’est apparentée à un cauchemar pour certains, mais du pain béni pour d’autres. L’Union pour la relève(UPR), son parti d’origine a mis du temps à accepter le revirement spectaculaire de l’ancien maire de Parakou. Aussitôt après sa démission, Rachidi Gbadamassi s’était envolé pour Paris où, coïncidence ou situation planifiée, il a retrouvé son collègue FCBE, Chabi Tokou Dari, qui a aussi démissionné de son groupe pour rejoindre le G13. C’est d’ailleurs pourquoi, l’acte posé par le député Gbadamassi ressemble fort bien à la réponse du berger à la bergère. Pour beaucoup, le Président de la République venait de déclencher une offensive politique qu’on ne lui connaissait pas. Le démissionnaire ayant une grande capacité de mobilisation, il ne s’est pas fait prier depuis lors pour multiplier les sorties afin de répondre à l’opposition chaque fois qu’il est de besoin. Et partout où passe le député de Parakou, il n’a fait que prédire l’implosion de son ancien groupe politique et la réélection de Boni Yayi en 2011. La suite des évènements lui a donné raison, puisqu’au aujourd’hui, même si on ne veut pas le reconnaître, le G13 est en lambeaux avec plusieurs clans en son sein. En tout cas, après la confirmation de la nouvelle, toute la classe politique s’est accordée à reconnaître qu’il s’agit d’un coup dur pour son ancien allié devenu aujourd’hui, son ennemi juré, Issa Salifou.
 
Création de l’UMPP
S’il y a un autre fait qui a marqué l’année 2009 sur le plan politique, c’est bien la création de beaucoup de partis politiques soutenant les actions du Président Boni Yayi. On peut en dénombrer une bonne vingtaine. Epousant tous la vision du Chef de l’Etat, il est apparu nécessaire de les fédérer dans un seul et même creuset. D’où la mise en place de l’Union pour la majorité présidentielle plurielle(UMPP) initiée par le Chef de l’Etat lui-même et installée officiellement par lui, le samedi 16 mai 2009 au Palais des congrès de Cotonou. Dans la déclaration de constitution lue par Ibrahima Idrissou, membre des Forces agissantes pour le changement(FAC), il présentait l’UMPP comme étant un cadre de concertation des forces politiques et sociales engagées et mobilisées pour la sauvegarde des acquis de la Conférence des forces vives de la Nation de février 1990 et qui adhèrent au projet de construction d’un Bénin émergent tel que défini dans le programme de gouvernement du Président Boni Yayi. Contrairement donc aux Forces cauris pour un Bénin émergent(FCBE) qui est un autre creuset regroupant les partis et mouvements politiques soutenant les actions de Boni Yayi, les partis membres de l’UMPP disposent d’une plus grande liberté d’action et ne se fondent pas en une seule entité. C’est d’ailleurs pourquoi, beaucoup de personnalités politiques ont signé la charte d’adhésion. Au nombre de celles-ci, on peut citer entre autres Eugène Azatassou au nom des FCBE, Martin Dohou Azonhiho au nom des FAC, Candide Azannai au nom du parti « Restaurer l’espoir », Anne Cica Adjai au nom de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès(UNDP) et Zéphirin Kindjanhoundé au nom de l’UDD-Wologuèdè. Rappelons que l’UMPP qui est une machine à gagner pour Boni Yayi en 2011, a un bureau exécutif rotatif pour une durée de six(06) mois. En ce moment, elle est dirigée par l’honorable Grégoire Laourou qui a créé récemment son parti politique.
 
Installation de la 4ème mandature de la HAAC
Conformément à la Constitution du 11 décembre 1990, il a été procédé au cours de l’année 2009 au renouvellement des membres de certaines institutions de la République au nombre desquelles la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication(HAAC) et la Haute cour de justice(HCJ). C’est le 20 juillet 2009 que les conseillers de la HAAC, 4ème mandature ont été officiellement installés dans leurs nouvelles fonctions par le Président de la République au cours d’une cérémonie fort simple qui a eu pour cadre, la Salle du peuple du Palais de la Présidence de la République. Dans son adresse aux nouveaux conseillers, le Président Boni Yayi a souhaité que la quatrième mandature de la HAAC soit véritablement au service de la corporation et fasse tout pour redorer son blason. C’est justement ce à quoi s’est attelé le président Théophile Nata, le vice-président Edouard Loko et toute l’équipe des conseillers depuis cinq mois qu’ils sont installés. Il suffit de voir le nombre de décisions rendues par cette mandature de la HAAC pour se rendre à l’évidence qu’elle abat un travail de qualité au sein de la profession. Il n’y a en effet pas de semaine qu’un journal ou une station de radio ou de télévision n’est épinglé pour avoir violé le code de déontologie de la presse béninoise. A l’allure où vont les choses, on peut sans risque de se tromper affirmer que la quatrième mandature de la HAAC est partie pour marquer son passage à la grande satisfaction des professionnels des médias Boni Yayi qui n’en demandent pas mieux.
 
L’historique pardon de Houngbédji à Soglo
 
Les Béninois ont vécu cette scène. L’historique pardon du président du Parti du renouveau démocratique (Prd), Adrien Houngbédji au leader charismatique de la Renaissance du Bénin, Nicéphore Dieudonné Soglo. Les deux (2) personnalités ont, semble-t-il, enterré leurs divergences politiques pour regarder désormais dans la même direction. Pour certains, les deux hommes ont, une fois encore, diverti l’opinion.
 
Que de surprises en 2009 à l’ L’Assemblée nationale !
L’Assemblée nationale a connu au cours de l’année 2009 assez d’événements qui forcent l’attention. Qu’il vous souvienne que la fin de l’année 2008 a été très tumultueuse pour le président Mathurin Nago dont la destitution a échappé aux G et F. Cette question est revenue en 2009 avec le rapport de la commission Serpos qui était à nouveau sur le tapis le 12 janvier 2009. Contre vents et marées, Mathurin Nago a résisté. Loin de ce sujet de destitution de Nago qui a démarré en 2008, les députés ont entamé les travaux de l’année 2009 par l’examen de la proposition de loi relative à la modification de la loi organique N° 92-21 du 21 août 1992 relative à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). La question de l’escorte des véhicules d’occasion était encore sur le tapis. Sur ce sujet, une prise de bec s’est a opposé les députés Rachidi Gbadamassi et Djibril Débourou. Gbadamassi était encore député G13 tandis que Débourou faisait partie des Fcbe. Les deux députés ont failli en venir aux mains. A l’origine de l’incident, des propos discourtois. L’Assemblée nationale devient à nouveau un centre de pugilat comme ce fut le cas en 2008. Mais la situation a été très tôt maîtrisée et pour l’histoire, ces deux protagonistes d’hier se retrouvent aujourd’hui au sein d’un même creuset de soutien aux actions du Chef de l’Etat. En février 2009, les députés ont été surpris par une décision de la Cour constitutionnelle. Par la décision DCC 09-015 du 19 février 2009 de la Cour constitutionnelle qui vient remettre les pendules à l’heure. L’Assemblée nationale a violé l’article 124 de la Constitution en tous ses alinéas pour n’avoir pas exécuté la décision de la Cour relative à l’ultimatum du 15 janvier 2009 pour reprendre la désignation de ses représentants à la Haute cour de justice. Dans la logique d’obliger les députés à se conformer à la règle, la Cour constitutionnelle fixe une date butoir aux députés. Ceux-ci finiront par se conformer à la date butoir en élisant leurs représentants au sein de la Haute cour de justice. L’année 2009 à l’Assemblée nationale est aussi marquée par différentes propositions de loi. C’est ainsi qu’on a eu, entre autres, en mars, la proposition de loi portant statut des personnalités ayant assuré de hautes fonctions de l’Etat en République du Bénin par le député Epiphane Quenum. Plusieurs lois et réformes ont été adoptées. Le 27 avril, la loi sur les données à caractère biométrique fut votée à l’unanimité. Ce fut le début des lois sur les réformes électorales au Bénin. Ce processus, à l’Assemblée nationale, a conduit au vote de la loi sur le Recensement électoral national approfondi (Rena) et la Liste électorale permanente informatisée (Lepi). Le 14 juillet 2009, les députés ont aussi voté la loi qui institutionnalise le Médiateur de la République. Mais tout ceci a été accompagné de reports successifs des plénières au Palais des Gouverneurs. Plusieurs motifs étaient avancés dont l’absence parfois des deux secrétaires parlementaires. L’autre actualité à l’Assemblée au cours de l’année 2009 concerne la vague des démissions et la formations du groupe parlementaire « sursaut patriotique ». Du député Chabi Tokou Dari à Rachidi Gbadamassi, l’ambiance à l’hémicycle a été très tendue sur les sujets de démission et de formation du groupe parlementaire « Fcbe, sursaut patriotique ». C’est dans cette ambiance surchauffée entre les députés de l’alliance G et F et leurs collègues Fcbe que le ministre Nicaise Fagnon a tenu des propos à polémiques à Dassa-Zounmè. Les députés G et F en ont profité pour interpeller Boni Yayi dont la réponse ne s’est pas fait attendre. Le Chef de l’Etat y a dégagé toute sa responsabilité. Une ambiance d’accalmie a régné à l’hémicycle avant le démarrage de la session budgétaire qui se passe dans un climat pas très favorable à l’adoption rapide du projet du budget de l’Etat, exercice 2010.
La Rédaction
 

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