
Il y a presqu’un an, le 29 décembre 2008, les paysans de Logou/Djidagba dans la commune d’Adja-Ouèrè s’apprêtaient à participer à une assemblée générale légale de leur coopérative quand ils se sont fait arroser par des balles des gendarmes. Le Comité pour la défense de la mémoire des paysans de Djidagba dirigée par l’honorable Ismaël Tidjani Serpos a choisie une conférence de presse pour alerter l’opinion publique nationale et internationale sur les tueries du 29 décembre 2008 qui sont restées sans suites et aucune procédure judiciaire.
Pour les intervenants à la cérémonie de témoignage organisée par ce Comité, ce crime odieux ne doit pas rester sans suite, comme c’est le cas aujourd’hui. Les victimes de cette tuerie ont été fusillées, pour la plupart, de dos et à bout portant, alors même qu’elles tentaient de fuir sous les coups de chicotte de leurs agresseurs. Ceux qui ont été tués ont entre vingt et quarante ans en laissant derrière eux des orphelins, des enfants à bas âge, sans repère et sans soutien. Ils se sont retrouvés au Bénin Marina Hôtel de Cotonou, non pas seulement pour pleurer les morts, mais aussi et surtout pour interpeller l’opinion publique nationale et internationale sur la situation que vivent aujourd’hui les femmes, parents, orphelins et proches de Jacob Ahissou, Lucien Zingbé, Nanonfi Simon Ahissou, Arnauld Tongni Dèdogbé, Norbert Tangui tombés sous les balles des éléments du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (Gign) le 29 décembre 2008 à Logou/Djidagba, un village de l’arrondissement de Tatonnoukon, commune de Adja-Ouèrè. En effet, les témoignages font froid dans le dos. Dame Albertine Bognon, vendeuse de fruits, attirée par l’attroupement, décide d’exposer son plateau d’oranges sur les lieux où se tenait l’Assemblée générale des coopérateurs du Car/Logou Djidagba. Seulement, pouvait-elle s’imaginer que les balles rageuses des forces de l’ordre allaient transpercer sa grossesse de six mois ? Transportée d’urgence à l’hôpital, elle eut le bonheur de survivre. Mais les deux jumelles qu’elle portait dans son sein ne vont pas survivre. Elles seront les martyres anonymes de cette boucherie humaine de Logou Djidagba. Seul le fait d’amener les auteurs et commanditaires de cette répression bestiale d’une réuni¬on pourtant autorisée à répondre de leurs actes, pourra la soulager aujourd’hui. Ahouandjinou Zantèkpo, coopérateur est un miraculé. Marié et père d’un enfant, il a survécu à la répression sanglante de Djidagba. Stoppé dans sa fuite par une balle qui lui transperce l’épaule droite, il a miraculeusement survécu à ses blessures. Mais son bras gardera des séquelles qu’il traînera toute sa vie comme pour rappeler, tous les jours que Dieu lui accordera, à sa communauté, cette réuni¬on réprimée dans le sang à l’ère du changement. D’autres n’ont pas eu sa chance. Jacob Ahissou, coopérateur également est né en 1981 et marié, père de deux enfants, il a été froidement abattu par les gendarmes, alors qu’il tentait de fuir. Lucien Zingbé, coopérateur dans le sauve-qui-peut, il n’a pas pu échapper à la mort que lui ont infligée ceux dont il servait pourtant la cause quelques minutes plus tôt. Craignant les représailles des populations, il a cherché à avoir la protection des forces de l’ordre. Mais n’ayant pas arboré ce fameux tee-shirt, il a été abattu par les éléments du Gign qui l’avaient confondu à ceux contre qui la répression étaient orientée. Armand Tongni Dèdogbé, coopérateur a laissé derrière lui deux femmes et six enfants qui attendent de comprendre pourquoi il est mort. Tout comme les autres, son corps est encore à la morgue sans la moindre autopsie. Norbert Tongni, coopérateur, il a succombé au centre de santé des suites de ses blessures par balles. Révoltés, ses proches ramènent son corps sur les lieux de la tragédie. Sa femme et ses quatre enfants réclament justice. Simon Nanonfi Ahissou, coopérateur, ses grandes enjambées ne l’ont pas propulsé loin pour ne pas être rattrapé par la mort que lui donnent lâchement les forces de l’ordre en mission spéciale commandée à Djidagba le 29 décembre 2008. Abattu de derrière, il tourne définitivement dos à la vie, à ses treize enfants et à ses deux femmes qui réclament que justice soit rendue. « Nous osons rêver, pour ces êtres fragilisés par la bestialité des adultes, de justice et de réparation. Mais à la vérité, cinq corps sont à la morgue depuis bientôt une année, sans qu’aucune procédure judiciaire n’ait permis, à ce jour, de les autopsier. Le déni de justice serait-il à nos portes, ou est-il déjà dans nos murs ?» s’interrogent les conférenciers. «Nous avons rencontré nos concitoyens ici présents quelques temps avant vous. Ils nous ont raconté par le détail leurs tribulations. Nous les avons écoutés et réécoutés. Nous avons douté autant que nous le pouvions, mais les faits étaient là, constants et écœurants. Les paysans n’avaient commis aucune faute. Ils s’apprêtaient à participer à une assemblée générale légale de leur coopérative» alertent-ils.
| < Préc | Suivant > |
|---|







Objectifs
Procédure d'adhésion
La coalition ABT 2011 mobilise toutes les forces politiques pour Abdoulaye Bio Tchané










Commentaires