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Exclusivite: Entretien avec Georges SACCA ZIME

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La volonte de realiser l'alternance en 2011 est tr7s forte en chacun d'entre nous . C'est une necessite. Dixit Georges SACCA ZIMEPresidentielle 2011: Abdoulaye Bio-Tchané reçoit un soutien de poids pour 2011.

Entretien exclusif avec Sacca Zimé Georges

« La présidentielle n’est pas un jeu d’enfant, du copinage, c’est une question de responsabilité, et ABT le sait très bien »

Administrateur des impôts, et président de l’Union des Forces démocratiques (UFD), Sacca Georges Zimé a peint un tableau peu reluisant du processus de changement en cours sous le président Boni Yayi. Sans langue de bois, cet homme très proche d’Abdoulaye Bio-Tchané (ABT), annonce les couleurs pour la présidentielle de 2011. Dans une opposition franche et systématique, il apporte sans nuance son soutien à la candidature en 2011.


Nouvelle expression : Quelle appréciation, peut-on faire de la situation générale du Bénin, le Bénin d’aujourd’hui est-il, selon vous, mieux gouverné, mieux géré qu’il y a cinq ans, 10 ans… ?


Sacca Georges : Le pays est très mal géré, je le regrette, mais c’est un véritable gâchis des ressources humaines, des ressources financières et des potentialités qu’offre le Bénin. On se demande après quatre ans de gestion calamiteuse du pays, où sont passés nos aînés de la Conférence des forces vives de la nation. On ne les reconnait plus. Je me pose cette question, parce que le « plus jamais ça » n’a plus de sens sous Yayi Boni depuis son élection en 2006. J’espère qu’en 2011, comme en 1990, l’orgueil du sursaut patriotique national fera plein effet pour dire non à la dérive totalitaire et au régionalisme érigé en système de gouvernance.


La situation économique internationale qui, somme toute, est pénible et éprouvante pour tous les pays, suffit-elle à expliquer le ralentissement de l’activité économique, ou le peu de performance de notre pays ?


« La douane et les impôts pour cause d’exonérations fantaisistes ne font plus de recettes d’où le déséquilibre financier préjudiciable à l’économie »

Disons qu’il y a des causes endogènes et exogènes. Avec un régime comme celui du Docteur Boni Yayi, on ne pouvait que s’attendre au pire : le secteur primaire, secondaire et tertiaire sont tous mis au ralenti : l’agriculture est à terre, l’Etat doit plus de 50 milliards aux entreprises privées. Les banques ne prêtent plus aux fournisseurs et aux prestataires de l’Etat. Quant aux administrations des impôts et des douanes, elles ne pourront que baisser en recettes pour cause des exonérations fantaisistes et hasardeuses. Toutes ces exonérations n’ont profité qu’à la réexportation au détriment de l’Etat ; c’est le cas des produits de premières nécessités et des matériaux de construction dont on ignore le volume dont on ignore les stocks.
La Banque mondiale a dénoncé un Gap de 140 milliards dans le budget 2009, et préconise un certain nombre de mesures drastiques pour juguler la crise. A quoi est dû, à votre avis, ce déséquilibre inquiétant ?


Le budget 2009 était un budget fantaisiste et de propagande. Les chiffres ont été gonflés à dessein. On est passé du simple au double. A la lecture de ce budget, tous les spécialistes savaient qu’on ne pouvait pas l’exécuter à 50%.


Il y a quelques jours, le GERDDES dénonçait la campagne électorale précoce, appelant les institutions de contre pouvoir à intervenir et arrêter la dérive. Peut-on avoir votre avis sur cette situation et la déclaration du GERDDES ?


Le Gerddes a en partie raison, mais à qui la faute ? On assiste aujourd’hui à une période de précampagne qui ne dit pas son nom. Savez-vous que c’est depuis 2006 que le Docteur Yayi Boni a commencé la campagne électorale tous azimuts pour 2011 ? Tout le gouvernement, tous les conseillers techniques, tous les DG, tous les directeurs techniques nommés, sont constamment sur des chantiers politiques. En ce qui concerne les partis politiques c'est-à-dire, ceux qui doivent animer la vie politique nationale, sommeillent encore. Aucun autre candidat ne s’est encore prononcé. Quant à nous, nous travaillons que pour l’alternance en 2011.

Boni Yayi vous semble t-il être l’homme capable de conduire les destinées de ce pays au-delà de son mandat actuel ? Mérite –il que la nation lui renouvelle sa confiance ?


Non. Personnellement, le docteur Boni Yayi ne m’a jamais convaincu. Le Bénin n’est pas un pays pauvre, ce sont ses ressources qui sont mal gérés. S’il gère déjà très mal pendant ce mandat, pourquoi lui en accorder un autre. La moitié des ministères sont en grève. Hier, c’était le changement qui était en panne mais aujourd’hui, c’est l’Etat qui est en panne.


L’opposition à Yayi Boni, vous paraît- elle bien organisée pour assurer l’alternance en 2011 ?


Ne vous inquiétez pas ! Nous y arriverons à coup sûr. La volonté de réaliser l’alternance en 2011 est très forte en chacun d’entre nous. C’est une nécessité.


N’y a- t-il pas une sorte de bipolarisation de l’opposition avec d’un côté le G4 Force Clé et de l’autre le G13 ?


Je vous confie l’imminence d’un troisième pôle pour bientôt.


Qui, selon vous, peut conduire les destinées de ce pays vers les lendemains meilleurs ?

« ABT est le seul candidat capable de nous sauver en 2011, il saura mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut »


L’Union des Forces Démocratique (UFD) a soutenu le candidat Bruno Amoussou en 2006, parce que pour nous, il connaissait bien le pays. Aujourd’hui toute analyse faite, j’ai la conviction profonde que Abdoulaye Bio-Tchané est le meilleur candidat pour assurer l’alternance en 2011. Il n’était pas seulement « l’instruis qui connaissait la maison ». Sa grande capacité d’écoute, les expériences en matière de redressement des économies et de l’assainissement des finances publiques acquises au niveau national et international lui confèrent cette notoriété. IL saura mettre le Bénin au travail avec un gouvernement d’union nationale. L’esprit de la conférence nationale saura le guider dans ses actions.


L’Union des forces démocratiques (UFD), votre parti politique, compte se mobiliser de quelle manière, pour soutenir ce candidat susceptible de conduire à l’alternance politique ?


ABT n’étant pas membre d’un parti politique, c’est clair qu’on ira aux élections avec une alliance de partis politiques. A l’instar de l’Union pour le Bénin du futur (UBF), Il y aura à la fois une alliance de formations politiques, des mouvements, et des personnalités pour constituer la force politique qui va le hisser au pouvoir.

Quelles sont les relations que vous entretenez, ou envisagez d’entretenir avec les autres forces de l’opposition ?

Il reviendra au candidat lui-même, de régler ce problème qui est une question très importante.

ABT, selon vous, devra t-il démissionner de son actuel poste, pour répondre à l’appel du destin comme le lui demande le pouvoir en place, ou peut-il se présenter et rester toujours président de la BOAD ?
Les textes sont clairs à ce niveau. Le candidat démissionnera au moment opportun et conformément aux dispositions de la loi électorale.

D’aucuns disent que sa candidature est une candidature de protestation, et qu’il se rangera vite du côté de Boni Yayi sur injonction des sages de sa région d’origine, afin de pas faire perdre les intérêts du Septentrion, et ce, en raison de la sacrosainte solidarité qui caractérise nos compatriotes du Nord ?

« La prétendue sacrosainte solidarité des gens du Nord, si elle existait vraiment, sera de faire partir Boni Yayi du pouvoir en 2011 ».


Ridicule ! La présidentielle n’est pas un jeu d’enfant, ce n’est pas non plus une affaire de copinage ou de région. C’est une affaire de responsabilité nationale. Et ABT le sait si bien pour ne pas tomber dans ce travers.
Mais je pense que les raisons de sa candidature est une protestation contre la mauvaise gestion du régime actuel. C’est plutôt une affaire de très haute responsabilité et ABT mesure bien la portée de ce qu’il entreprend.
Quand on parle d’une impossible candidature entre deux frères du nord pour la présidentielle, il me plait de rappeler les précédents Kérékou-Dankoro et Yayi Boni- Tawéma.
C’est son droit le plus absolu, voire constitutionnel et civique d’être candidat à la présidentielle.

Propos recueillis par Brice OGOUBIYI pour le quotidien Nouvelle Expression du 18 Nov 2009

 

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