L’affaire de fusillade de certains membres des Coopératives d’aménagement rural (Car) et Union régionale des coopératives d’aménagement rural (Urcar) connaît depuis quelques jours un autre développement. Après la saisine en juin dernier du juge par les ayants droits des victimes, quelques ténors de l’Union fait la Nation (Un) sont sur le point de prendre la communauté internationale à témoin.
L’Alliance ‘’Union fait la Nation’’ (Un) dispose désormais d’un autre dossier contre le chef de l’Etat et certains magistrats de la République. Et cette fois-ci, c’est au Tribunal pénal international (Tpi) que les ténors attendent le chef d’orchestre des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). En effet, le président Yayi Boni et un groupe de magistrats devront répondre, selon certains leaders de l’Alliance, devant la communauté internationale du crime perpétré sur cinq coopérateurs le 29 décembre 2008. Ce jour-là, les intéressés étaient en assemblée générale dans la région de Logou Djidagba dans l’arrondissement de Ikpinlè pour l’élection de leurs responsables quand les forces de l’ordre ont surgi. La situation a vite dégénéré et des coups de fusils ont tonné. Résultats cinq des manifestants abattus à bout portant par des militaires réquisitionnés pour éviter la tenue de la rencontre. Les corps abandonnés ont été acheminés à l’hôpital de Porto-Novo par les parents des victimes arrivés sur les lieux quelques heures après les incidents. Et jusqu’à ce que le dossier ne connaisse pas de suite. Mieux, d’autres responsables de l’organisation de cette assemblée générale étaient entre temps ont été arrêtés et jusque-là gardés dans les liens de la détention. Après plus de trois mois, aucun d’eux n’a été écouté par le juge et il semble qu’ils ont été oubliés à la prison. Face à la situation, les parents des victimes ont saisi le 04 juin 2009 le tribunal de première instance et de première classe de Porto-Novo dans l’espoir de l’ouverture d’une enquête au sujet du drame. Dans leur requête, ils accusent la protection des instigateurs du drame. Au motif que c’est parce que ces derniers sont membres des Fcbe et de la majorité présidentielle qu’ils n’ont pas été jusque inquiétés. Mais, ces accusations semblent être tombées dans des oreilles de sourds. Et des mois après, les mis en cause restent toujours libres de leur mouvement. C’est à partir de ce moment que l’Alliance ‘’Union fait la Nation’’ s’est saisie du dossier et veut en user dans son combat contre l’impunité. Selon des sources très introduites au sein de « Un », certains d’entre-eux sont attendus la semaine prochaine au siège du Tribunal pénal international pour l’ouverture du dossier. Parce que, selon l’opposition informelle au président Yayi Boni, les manifestants qui n’étaient pas armés le 29 décembre 2008, opéraient dans une salle close et ne gênaient personne quand les soldats avaient surgi. C’est au regard de cette situation et le fait que les mis en cause jouissent de leur liberté que l’union tente d’attirer l’attention du monde entier sur cette dérive.
Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)
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