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Sacca Fikara à propos de l’Etat de Droit au Bénin :« La Justice est comme un glaive aux mains de Yayi »

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Le premier questeur de l’Assemblée nationale, Sacca Fikara s’est prononcé ce dimanche 8 novembre 2009 sur Océan Fm, sur nombre de questions de l’actualité sociopolitique nationale. Durant 1 heure 30 d’horloge, il a montré sur “Cartes sur table” au micro de Virgile Ahouansè, comment le pouvoir du Changement a contribué à la disparition de l’Etat de Droit au Bénin en instrumentalisant systématiquement le pouvoir judicaire.


La situation que vit actuellement le Bénin ressemble sur bien des aspects, à celle qui a prévalu dans des dictatures aussi célèbres et redoutées qu’ont été celles du Chili de Pinochet, de l’Urss de Staline ou de l’Allemagne nazie de Hitler. Rien que ça. En effet, c’est un tableau à tout point de vue sombre et inquiétant que le premier questeur de l’Assemblée nationale Sacca Fikara a peint ce dimanche de la gestion politique du chef de l’Etat. A la lumière de plusieurs dossiers dans lesquels il a jugé clairement partial le rôle joué par le Procureur de la République, l’invité a montré comment le régime du Changement est passé maître dans l’art d’instrumentaliser la justice. C’est notamment le cas dans l’Affaire Antoine Dayori qui avait été accusé de viol sur mineure. En réalité, dans ce dossier, Sacca Fikara affirme qu’il ne s’agit que d’un acharnement judicaire conduit par le Procureur de la République d’autant d’ailleurs qu’après observation, ladite victime était vierge. La situation est identique dans l’affaire qui a conduit à l’arrestation de Séfou Fagbohoun où l’honorable a montré que c’est le chef de l’Etat lui-même qui est à l’origine de son arrestation pour avoir personnellement signé la lettre adressée au chef d’Etat major des forces armées et non à la justice. Ensuite, à Ikpinlè, ce sont 5 paysans qui ont été froidement abattus par les gendarmes en tentant simplement de renouveler les responsables Fcbe qui dirigeaient jusque-là leur coopérative. Et plutôt que d’œuvrer pour l’arrestation et le jugement du principal suspect, Sacca Fikara déclare que le Procureur de la République de Porto-Novo a organisé son évasion.

Pour l’invité, c’est cette caporalisation de la Justice par le pouvoir qui s’est traduite dans l’affaire de la détention du maire Clément Gnonlonfoun dans laquelle il a démontré là aussi, comment le pouvoir tire les ficelles. Primo, sur conseils du ministre Victor Topanou, le maire détenu avait même rencontré un Pasteur du nom de Richard Topanou, frère du ministre pour tenter de calmer l’affaire par une médiation menée par les responsables de l’Eglise protestante à laquelle les deux appartiennent. Le second fait qui montre que ce dossier est politisé, a-t-il poursuivi, tient au fait que contrairement à ce qu’a affirmé le Procureur, les juges d’instruction n’étaient pas absents car étant revenus de congés le 16 septembre 2009, soit la veille du jour où le maire avait été conduit au tribunal de Porto-Novo. Ce mensonge venant d’une telle autorité est inadmissible et grave, a alors affirmé l’honorable qui s’est par ailleurs dit étonné que depuis le 30 octobre dernier, la demande de libération provisoire n’ait pas connu une suite alors même que les textes imposent à la justice, un délai de 6 jours pour statuer.

« Le gouvernement se tape 18 milliards sur le dos de l’éducation »

L’une des déclarations de l’honorable qui fera sans doute les choux gras de l’actualité dans les jours à venir est l’accusation portée par Sacca Fikara par rapport à une somme de 18 milliards de Fcfa sur laquelle le pouvoir veut mettre la main, au détriment des finances publiques. Selon les explications de l’honorable, les maires à qui les textes ont donné compétence pour la conduite de ce genre de projet de construction de salles de classes, ont assuré pouvoir construire un module de classes avec 15 millions de Fcfa. Mais certains hommes d’affaires tapis dans les sérails du pouvoir n’ont pas entendu cela de cette oreille, a révélé le 1er questeur de l’Assemblée nationale. Ainsi, le projet de construction de 6000 salles de classes se poursuit à raison d’un module de classes à 24 millions de Fcfa. Appliqué sur les 2000 modules, cela fait pas moins de 18 milliards de Fcfa que les proches du pouvoir sont en train de se partager. Et cela explique d’ailleurs les tournées tous azimuts de toute l’équipe gouvernementale dans les villages du pays pour des cérémonies de remise de clés, poursuit-il. Eu égard à tout ceci, le président du Mds réaffirme la volonté du G13 et de l’ensemble de la classe politique de l’opposition de réaliser l’alternance en 2011. « Nous y sommes contraints », a-t-il déclaré.

Calixte Adiyéton

 

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