Faux en écriture publique, utilisation des fonds de la commune à des fins personnelles, fautes lourdes, supercherie par les moyens les plus classiques. Que reste t-il ? Sournoiserie, mesquinerie, trahison à la tête de la mairie de Kouandé. Ces forfaits présumés du maire Georges Bouko mettent en ébullition le conseil communal de la ville, pendant que les populations sont sur pied de guerre. Kouandé est au bord de l’explosion. Loin de s’en émouvoir, le mis en cause fait la pluie et le beau temps sous le parapluie du chef de l’Etat Yayi Boni. Finalement, c’est lui son soutien. Tous galvaudent le Changement et piétinent la bonne gouvernance.
Avant toute chose, il serait intéressant pour l’opinion publique et surtout pour les pionniers de la lutte contre la mauvaise gouvernance et la corruption que le maire de Kouandé nous donne sa définition de la gestion des affaires de la cité. C’est sûr qu’il passera à côté. Il va mélanger le contenu de la chose publique et les affaires personnelles. Il va tout simplement perdre les pédales. Non pas par ignorance, mais parce qu’il s’est donné pour ligne de conduite de convertir les biens de la communauté en propriété privée. Personne n’invente quoi que ce soit. C’est la triste image qu’il renvoie depuis qu’il est à la tête de la mairie de Kouandé. Ensuite, pourrait-il donner sa définition de la « bonne gouvernance » de « l’obligation de rendre compte ». Il n’en sera pas vraiment capable. C’est ce que le chef de l’Etat devrait lui enseigner, au lieu de continuer à protéger un allié en mal de popularité, qui se trouve au cœur de plusieurs malversations. Ce n’est qu’un secret de polichinelle, que les populations rêvent de voir leur maire menottes aux mains. Le chef de l’Etat Yayi Boni ferait mieux de s’en débarrasser pour son honneur. Et mieux, il rendra service aux populations de Kouandé en envoyant l’Inspection générale d’Etat enquêter sur les forfaits présumés du maire Georges Bouko. En cas de fautes lourdes et d’actions illégales posées, il doit répondre de ses actes. Que lui reproche t-on en réalité ? Il est reproché à l’autorité communale, la mauvaise gestion des ressources financières, le non respect de procédure de passation des marchés publics, une gestion solitaire, opaque et non transparente. La palette de griefs que le conseil communal et les populations soulèvent contre lui, pourrait atteindre la taille de la chaîne de l’Atacora, où l’on peut localiser géographiquement la commune de Kouandé, l’une des moins nanties du pays. Et pourtant, c’est là où hélas la première autorité locale est passée maître dans les dépenses faramineuses, à la limite injurieuses pour ses administrés. Pitié ! Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Faux en écriture publique
On pourrait lui concéder son goût des véhicule de classe, si le conseil communal n’y trouve pas d’inconvénient et si les ressources financières ne font pas défaut. Malgré le peu de moyen dont dispose en effet la commune, le maire Georges Bouko a exprimé le désir de s’acheter une « 4 Runner ». Selon les recommandations du conseil communal, il est question d’un véhicule flambant neuf qui doit coûter environ 12 millions Fcfa. Dans les prévisions budgétaires, l’enveloppe destinée à l’achat de ce matériel est de 13 millions Fcfa. Après son acquisition, le conseil communal découvre qu’il y a de monstrueuses supercheries. D’abord sur l’état du véhicule. Il s’agit plutôt d’une voiture usagée, dont l’âge remonte selon certains spécialistes à 1999. Elle a coûté 12 millions Fcfa selon le libellé d’un chèque en date du 22 avril 2009 délivré par le maire au vendeur (voir fax similé 01). Peu intelligent, qu’il soit, le maire inscrit sur le bordereau des dépenses du mois de mai, la somme de 12.864.000 Fcfa, soit une différence de 864.000 Fcfa qui s’est évaporée des caisses de la mairie. Dans une affaire de poursuite pénale, il s’agit de faux en écriture publique. Si l’on devrait s’intéresser au coût d’un véhicule de ce type, on mettra raisonnablement la barre à 5 millions Fcfa, même si les professionnels en matière de véhicules d’occasion trouvent que c’est trop élevé. Pour un véhicule « 4 Runner » plus récent (2005-2006, modèle japonais) vendu il y de cela deux mois sur les parcs automobiles de Sèkandji dans la commune de Sèmè Kpodji, l’acheteur a déboursé moins de 8 millions Fcfa. Or, au fur et à mesure que l’année de fabrication du véhicule remonte dans le passé, le pris de vente diminue. Celui acheté par le maire est plus ancien et a coûté plus cher. Conclusion, il y a quelque chose de mauvais qui sent. Mieux, le véhicule acquis à 12.000.000 Fcfa ou à 12.864.000 Fcfa, selon la magie du maire, ne répond plus. L’autre grief soulevé contre Georges Bouko dans cette rubrique, c’est d’avoir acquis un véhicule à ce prix en violation des règles en vigueur. Selon le décret N° 2004-565 du 1er octobre 2004 portant fixation des seuils de passation des marchés publics en son article 04, il est fait mention que lorsqu’il s’agit d’un marché dont le montant dépasse 10 millions Fcfa, le cas du véhicule du maire, il faut procéder par appel d’offre. Cette disposition a été purement et simplement bafouée. Où se trouve la bonne gouvernance ? En tout cas pas au sein des Fcbe, dont le maire est issu. Fidèle à ses habitudes et sa ligne de conduite, il a royalement ignoré les mêmes dispositions dans l’achat des motos pour la commune. Pour cette dépense, on relève également différentes écritures entre le montant du chèque qui est de 11.050.000 Fcfa (fax similé 02) et 11.845.600 Fcfa qui figure sur le bordereau de dépense. Une nouvelle supercherie, dont le maire est seul à en avoir le secret. Et comme dans le premier cas, pour l’acquisition du véhicule, aucun appel d’offre n’a été lancé pour ce marché dont le montant dépasse le seuil des 10 millions Fcfa.
L’affaire des 16.577.236 Fcfa
Ce montant représente la valeur de deux chèques délivrés par le maire de Kouandé pour financer un projet d’énergie solaire, dénommée « Wevona ». Dans un premier temps, précisément le 29 mai 2009, le prestataire de service a retiré un chèque d’un montant de 8.288.618 Fcfa (fax similé 03). Six jours plus tard, cette somme a été complétée au moyen d’un deuxième chèque portant le même montant que le premier (fax similé 04). La seule différence entre les deux billets, se trouve au niveau de la date. Le dernier est signé le 04 juin 2009. Pour tout ce qui reste, les données sont identiques. Comme dans les autres cas, cette manœuvre a éveillé quelques soupçons dans le rang des conseillers. Les deux opérations portent la somme décaissée par le maire à 16.577.236 Fcfa, alors qu’à la date d’aujourd’hui le service n’a pas été exécuté. Y-a-t-il complicité entre le bénéficiaire et l’autorité ? Toute la question est là. Mais, l’attitude du maire à procéder de cette manière contrairement à ce que le conseil communal a arrêté, laisse libre cours à diverses interprétations. Au début, il a été dit que le projet serait financé en partie par les populations étant donné que, c’est en pleine activité qu’il a été approuvé par l’équipe communale, lors du passage de son promoteur, le sieur Jean-Marie de Souza, un nom qu’on soupçonne d’être sur la liste des privilégiés du couple présidentiel. Son idée a séduit les conseillers, mais ils n’ont pas manqué de lui signifier que leur commune est pauvre pour s’engager d’emblée dans une telle aventure. Vue son utilité sociale, une formule a été retenue pour que le projet soit réalisé. La décision prise collégialement a été de retenir un village pilote dans chaque arrondissement, la commune en compte six. La formule revient donc à financer avec l’aide des populations ce projet. Chaque village devra soutenir l’initiative avec une somme de 600.000 Fcfa. Ce qui ferait un total de 3.600.000 millions Fcfa. Etant entendu que c’est en cours d’exercice, soit le conseil décide de faire un collectif budgétaire avant de lancer le projet, soit il s’en tient à sa première proposition. Mais, c’est compter sans les manœuvres du maire. On en était là, quand il a pris la décision unilatérale de mettre plus de 16 millions Fcfa à la disposition du promoteur de l’énergie solaire, un compatriote vivant en France. Les dépenses sont effectuées, mais rien n’est encore visible sur le terrain. C’est tout simplement le statu quo. Enième faute.
Faute lourde
Toujours accroché à sa réputation, Georges Bouko, accumule la crasse. Dans sa longue série d’impaires, il faut ajouter sa décision unilatérale de se revendre l’ancienne voiture de commandement de la commune, une « Peugeot 505 », à 500.000 Fcfa après avoir fait engager dans les caisses de l’hôtel de ville la somme de 8 66 176 Fcfa pour sa réparation. A quoi cela rime t-il ? Il s‘agit ni plus ni moins d’un manquement aux textes en vigueur, notamment la loi N° 97-029 du 15 janvier 99, portant Organisation des communes en République du Bénin. Les cas de mal gouvernances du maire de Kouandé sont aujourd’hui sur toutes les lèvres. Laissées par leurs écuries, les populations ont leurs nerfs tendus.
FN
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